Ce soir je suis allée à une conférence d’Acrimed par Julien Salingue

Ce soir, jeudi 29 janvier 2015, je suis allée à une conférence d’Acrimed par Julien Salingue sur « Le conflit entre Israël et les palestiniens : une information équilibrée ? »

Je vais tenter de reproduire mes notes en n’ajoutant que très peu d’observations que je matérialiserais en italique et préciserais les expressions citées exhaustivement par Julien Salingue (abrégé J.S.) par des guillemets. Le reste ne sera que de la paraphrase, je tiens à le préciser puisque le choix des mots ne m’appartient pas, ni le développement des idées. Je n’exprimerais pas mon point de vue sur le raisonnement posé, il est suffisamment explicite pour que je n’ai pas à le faire et pour que chacunE puisse se faire son idée. Reste bien sûr la contrainte et la limitation d’une prise de note par le choix, forcément suggestif, de ce que j’ai relevé.

Ce soir, jeudi 29 janvier 2015, j’ai mis ma tenue de bondage et je suis allée à une conférence d’Acrimed par Julien Salingue sur « Le conflit entre Israël et les palestiniens : une information équilibrée ? »

En plus il pleut.

La conférence commence par un rappel des attentats récents contre Charlie Hebdo ce qui ne doit pas poser « d’injonction à la liberté d’expression ».

J.S. rappelle qu’il donne cette conférence en tant que représentant d’Acrimed et pas en tant que militant de ses positions sur la Palestine.

Dans son évocation des attentats il n’utilisera pas le terme de terroriste mais celui de « militants politiques qui ont commis la tuerie ».

Il ajoute qu’on accuse que le terrain ait été préparé par ceux qui contestent les discours sur Israël et/ou sur sa politique et que c’est du « chantage ».

Charlie Hebdo étaient des « diviseurs » et il n’y a pas de raison à ne pas continuer.

Le point de départ est les bombardements à Gaza cet été et le traitement médiatique qui en a été fait, et il rappelle encore qu’il parle sous la casquette d’Acrimed et pas en tant que « spécialiste de la question palestinienne », et qu’Acrimed a des positions « minimes » sur le conflit.

Le traitement médiatique de l’information n’est ni pro-palestinien, ni pro-israëlien, il est « mauvais ».

Il cite le CRIF et la LDJ en les mettant au même niveau au plan politique.

« Le traitement équilibré » « symétrique » des médias est impossible car la réalité ne l’est pas. Ce n’est pas en effet, un conflit israelo-palestinien mais un conflit d’Israël contre les palestiniens, un Etat contre les palestiniens, un Etat occupant contre un peuple occupé.

Les médias « gonflent les rapports de force » en les rendant équitables et ne donnent donc que les informations qui ont une équivalence, par exemple les morts civils. Tout au long de sa conférence il citera de nombreux titres d’articles de presse tirées de nombreux médias différents, comme Le Monde, Métro, Le Point, Libération, BFMTV… Il cite en exemple le titre d’un article du Monde du 15 juillet 2014: « Israël, Gaza, les civils victimes d’une guerre sans fin » en précisant qu’à la date de cet article il n’y avait pas de mort du coté israélien. (je dois vérifier certaines infos et viendrais préciser la justesse de l’argument à posteriori.) Les médias ne parlent pas par exemple des check point, des prisonniers politiques ou de Hébron, ni de 1500 arrestations en Cisjordanie cet été.

Cet été les médias se demandent « comment on en est arrivé là ». Le 8 juillet le journal Métro sort une infographie qui pose la date du 12 juin et l’enlèvement de 3 enfant israéliens comme étant le début de des événements. J.S. ironise sur ce constat par un ton humoristique et infantilisant qu’il gardera tout le long de sa conférence, en influant sur ses propos par des sortes de teasers : « attention à la phrase suivante » et il cite, et/ou par des commentaires « c’est intelligent ça ».

Il n’y a « que » les palestiniens qui sont victimes mais les médias n’en parlent pas parce qu’il n’y a pas d’équivalence, et n’en parlent que quand il y en a une.

Il parle du « syndrome Tom et Jerry », les deux passent leur temps à se taper dessus, à se courir après mais on ne connait jamais leur contentieux. Avec le traitement médiatique dominant on cherche qui a commencé au lieu de chercher à savoir pourquoi ça recommence.

Cette approche « supposée neutre accompagne le camp dominant de fait ».

On ne parle que du refus de la trêve du Hamas mais pas de ses raisons. Le « blocus » est « la cause » des événements pas « la conséquence ». Il précise que les mots ont en sens en faisant référence au site du même nom lmsi.

Les médias, quand ils parlent d’un conflit entre Israël et Gaza nient l' »offensive en Cisjordanie » et accompagnent le discours israélien qui a un problème avec Gaza considéré comme « une entité hostile ».

Puis les médias réduisent encore en parlant d’un conflit entre Israël et le Hamas qui entretient l’idée que c’est un conflit entre un Etat et « une organisation politique » dans le but d’induire « de fait » une « sympathie » envers Israël. On a le droit d’être d’accord avec le Hamas ou pas.

Il ajoute que son but « n’est pas de flinguer les journalistes » précisant que c’est un trait d’humour qu’il n’avait pas encore osé refaire, mais de faire une meilleure information.

La conférence laisse la place aux questions, qu’il écoutera par « groupe » avant de répondre, je ne prends presque plus de notes.

Il explique qu’un journaliste accorde plus de crédit à un porte parole de Tsahal qu’à un représentant politique palestinien parce qu’il est blanc.

Le Hamas est « un mouvement de libération nationale ».

Si les journalistes ne prennent pas parti c’est pour que les gens ne deviennent pas pro-palestiniens.

Il qualifie de « terrorisme intellectuel » l’argument de ne pas vouloir importer le conflit alors qu’on a exporté les nôtres dont le génocide. Il parle de gens « malfaisants » de « groupes de pression » qui s’en servent pour avoir du poids dans les médias.

Les rapports de force sont déséquilibrés en moyens et en soutiens.

Les journalistes ont besoin de l’Elysée comme source d’information et donc ne dénoncent pas « les sources officielles ».

Le camarade qui m’accompagnait ne trouvera pas la place opportune pour poser sa question que je transcris ici et qui fait suite à un statut facebook du 14 juillet 2014 de J.S. : » c’est normal , le sionisme qui théorise l’impossibilité de l’épanouissement des juifs dans des sociétés « non-juives », a besoin, paradoxalement, de susciter l’antisémitisme pour entretenir l’idée selon laquelle « les juifs » doivent se « réfugier en Israël . » Sa question est : « Partant de ce postulat seriez vous prêt qu’un musulman fuyant les persécutions islamophobes en France, par exemple pour se réfugier dans un pays de droit islamique puisse être accusé d’être responsable de son oppression islamophobe ? Et une femme qui volontairement rentre dans un wagon non-mixte réservé aux femmes, être accusée d’être à l’origine de l’oppression sexiste dont elle est victime ? »

Ce soir, jeudi 29 janvier 2015, je sors d’une conférence d’Acrimed par Julien Salingue sur « Le conflit entre Israël et les palestiniens : une information équilibrée ? », un peu plus inquiète.

 

Ce soir, samedi 31 janvier, Julien Salingue me mentionne sur Twitter :

  On peut aussi lire ce que j’écris, pas juste diffuser des résumés incomplets et approximatifs.

 Je suis polie, je lui réponds :  » j’ai lu & maintenant ça y est je sais je comprends enfin la vérité vraie, je pense comme Acrimed donc j’ai raison »

 

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