CherE camarade antifa, après t’avoir écrit, je t’envoie une bouteille à la mer.

CherE camarade antifa, après t’avoir écrit, je t’envoie une bouteille à la mer.

Non l’antisionisme n’est pas soluble dans l’antifascisme.

Tu me répliqueras que le sionisme ne l’est pas non plus, parce que tu aimes inverser les débats.

Quand tu auras reconnu que le sionisme n’est pas un mot auquel tu peux donner le sens qui t’arrange, qu’il est, comme je te l’ai écrit dans ma précédente lettre un mouvement de libération collective des juifs en tant que peuple avec pour but la création d’un Etat. Que nous aurons confirmé que nous reconnaissons que l’état d’Israël existe aujourd’hui, et que donc le sionisme devrait appartenir à l’Histoire révolue, alors je pourrais entendre que tu le considères, à ce moment là et à cette unique condition, comme un nationalisme d’extrême droite qui serait l’apanage de groupes fascistes comme la LDJ (pour rappel interdite en Israël).
Seulement je martèle qu’Israël n’est toujours pas considéré comme allant de soi en droit et en fait alors le sionisme peut se définir simplement comme la considération de la légitimité de cet Etat.

Mais j’entends que ce n’est pas cette légitimité que tu remets en question.

Laissons le mot sionisme à l’Histoire passée et acquise à laquelle il appartiendrait idéalement, si le point d’accord où nous essayons d’arriver était acquis par touTEs.

Le nationalisme n’est pas soluble dans l’antifascisme, nous le savons il s’agit de combattre tous les nationalismes. Nous restons fondamentalement d’accord.
Nous devrions donc pouvoir continuer à échanger et à débattre.

Je ne mettrai pas en question le fait que, pour toi, l’antisionisme n’a pas sens d’antisémitisme. Par contre il faut être capable de remettre en question ses fréquentations et de prendre position. Car si des organisations qui se revendiquent pourtant antifascistes manipulent le sens de ce mot pour convier à leurs idées des gens pour qui le double sens permet de ne pas tomber sous le coup de la loi et de rendre l’antisémitisme étymologiquement acceptable et mondain, c’est qu’elles sont complices et consentantes.
Il faut alors leur imposer de choisir, antifascisme et antisionisme sont antinomiques.

Sinon il est légitime de se contenter du postulat comme quoi « qui ne dit mot consent » et de ne pas perdre de temps à débattre puisqu’il ne s’agit pas de débattre avec les antisémites mais de les combattre.

L’antisionisme est le nom que tu donnes au nationalisme en Israël, à la critique nécessaire et légitime de la politique de colonisation largement condamnable et combattue par de nombreux juifs en Israël et ailleurs.

Mais si nous utilisons la même définition du mot sionisme alors l’antisionisme c’est la négation du droit à exister d’Israël.

Tu affirmes contester l’existence de tous les Etats, dont Israël de fait, et nier toutes les frontières. Soit.  Je l’entends et t’écouterais finir de me convaincre de la justesse de ta vision, quand nous parlerons le même langage, peut-être juste après cette lettre, je l’espère.

Mais il s’agit là de ne refuser le droit d’exister et à s’autodéterminer QU’à Israël, car l’antisionisme s’applique spécifiquement à ce seul état.

Alors ce mot ne doit plus apparaitre sur les banderoles, il doit être éradiqué des discours et des idéaux de nos camarades.
Qu’il ne soit plus utilisé avec certitude que par celles et ceux contre lesquels il faut que nous soyons soudés.

Laissons le mot sionisme à l’Histoire, et le mot antisioniste aux fachos, et envoyons les fachos rejoindre le passé.

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