Les milices d’extrême droite de la place Agios-Panteleimonas, Athènes

Bataille pour la place Agios-Panteleimonas

Un web-documentaire du collectif The Prism

Jusqu’aux années 1960, la place Agios-Panteleimonas, avec son imposante église orthodoxe, comptait parmi les plus beaux endroits d’Athènes.

Elle est devenue un champ de bataille entre militants d’extrême droite, une population immigrée en constante augmentation et les habitants du quartier. Beaucoup d’immigrés, légaux ou non, se sont retrouvés là dans les années 1990, à la recherche de logements bon marché.

Au fil des ans leur nombre n’a cessé de grimper ; beaucoup dorment dans la rue ou squattent des maisons abandonnées. Les résidents de longue date ont commencé à s’inquiéter de leur présence et les tensions sont apparues.

En 2008, avec l’aide de groupes d’extrême droite, ils ont décidé d’agir, l’Etat se montrant réticent à intervenir. Des patrouilles de civils se sont organisées pour déloger sans ménagement les immigrés.

Le message est clair : « Nous ne voulons pas de vous. » Les incidents, d’abord sporadiques se sont multipliés, de plus en plus violents.

Les rues autour de la place sont devenues dangereuses pour les gens à peau foncée. La haine s’est enracinée profondément entre les communautés, piégées dans cette situation intenable.

« Personne ne devrait être effrayé par ces rassemblements sur la place Agios-Panteleimonas. Ils [les immigrés] font ce que les grecs faisaient il y a quarante ans sur les places de leurs villages », exprime un des témoins qui s’expriment dans le documentaire. Pourtant, son opinion semble fort minoritaire dans ce quartier où les résidents historiques apparaissent plutôt irrités par ce que certains, à l’extrême droite, appellent une « invasion ». Aube Dorée s’appuie sur ce sentiment d’exaspération, renforcé par le fait que les migrants musulmans sont contraints de prier dans la rue.

Il n’existe aucune mosquée à Athènes.

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