Sionisme. Oppositions militantes autour d’un terme à géométrie variable – Marc Hecker

Marc Hecker, « Sionisme. Oppositions militantes autour d’un terme à géométrie variable », Mots. Les langages du politique, juillet 2011
http://mots.revues.org/20299

Le conflit israélo-palestinien rejaillit, peut-être plus que nulle autre guerre,
dans le domaine du langage. Selon les termes employés – Judée-Samarie ou
Cisjordanie, implantations ou colonies, Arabes israéliens ou Palestiniens d’Is-
raël, barrière de sécurité ou mur de séparation, etc. –, un locuteur risque de se
voir accuser d’utiliser une rhétorique partisane. Les plus fervents opposants
à Israël refusent même de prononcer le nom de cet État, préférant le qualifier
d’« entité sioniste ».
Le terme sionisme est de ceux qui suscitent des discordes. Ce terme, apparu
pour la première fois en 1890 sous la plume de Nathan Birnbaum1, désigne un
mouvement politique qui, dès la fin du 19e siècle, prône le regroupement du
peuple juif sur la terre d’Israël ou, pour reprendre la terminologie sioniste, le
« retour à Sion ». Cette définition demeure toutefois insuffisante. Elle élude
notamment la question des divergences de vues existant au sein de la mou-
vance sioniste avant la naissance de l’État d’Israël et celle du devenir du sio-
nisme après la création de cet État en 1948. Walter Laqueur note dans son His-
toire du sionisme : « Selon une encyclopédie récente, le sionisme serait un
mouvement politique mondial qui aurait été lancé par Théodore Herzl en 1897. Il
serait tout aussi juste de dire que le socialisme fut fondé par Karl Marx en 1848.
Il est manifestement difficile de rendre justice en une phrase aux créateurs de
tout mouvement de quelque importance. » (Laqueur, 1973, p. 55)
De fait, des livres entiers ont été consacrés à la définition du sionisme. En
2007, par exemple, l’universitaire Denis Charbit a publié un ouvrage ayant pour
titre Qu’est-ce que le sionisme ?2 Pour tenter de répondre à cette question, il
analyse, entre autres, les textes fondateurs du mouvement sioniste à l’instar de Rome et Jérusalem de Moses Hess (1981), Autoémancipation de Léon Pinsker
(2006) et bien sûr L’État juif de Théodore Herzl3.
Le but du présent article n’est pas de revenir en détail sur ces considéra-
tions qui relèvent davantage de l’histoire de la pensée politique. Il ne s’agit
pas non plus de chercher à dégager une définition consensuelle du sionisme.
L’objectif recherché consiste à montrer que le terme sionisme et ses dérivés
– sioniste, antisionisme, post-sionisme, etc. – sont, en France, sources de ten-
sions entre militants pro-israéliens et pro-palestiniens car ces deux sphères
militantes en ont des interprétations bien différentes.
Pour ce faire, le sionisme sera tout d’abord présenté à travers un prisme
pro-israélien en insistant sur le fait que la question de l’émigration vers Israël
– l’alyah – continue à diviser. Un changement d’optique sera ensuite effectué
en se plaçant du point de vue des militants pro-palestiniens pour qui le sio-
nisme est connoté négativement et synonyme de colonialisme ou encore de
racisme. Enfin, la question de l’antisionisme sera évoquée en montrant que ce
terme nourrit lui aussi la discorde4.

Alyah contre « sionisme de salon »

Avant 1948, être « sioniste » signifiait simplement être favorable à la constitution
d’un État juif ayant si possible Jérusalem pour capitale5. Cette question divisait
jusqu’au sein de la communauté juive de France, comme en attestent les débats
qui eurent lieu en 1943-1944 lorsqu’il fut question d’insérer une « clause sio-
niste » dans la première charte du Conseil représentatif des institutions juives
de France (Crif)6. Depuis la création de l’État hébreu, la définition du terme sio-
niste fluctue davantage mais a toujours, du côté pro-israélien, une connotation
positive. Certains se disent « sionistes » dans la mesure où ils sont pour le droit
à l’existence d’Israël en tant qu’État juif. Dans un ouvrage collectif publié par
l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) et intitulé Le sionisme expliqué à nos
potes, Paul Bernard, secrétaire national de l’association, explique ainsi :

Être sioniste, cela veut dire simplement être favorable à l’existence d’un État juif sur
une partie de la Palestine mandataire : rien de moins mais rien de plus. Combien
sont-ils, ceux qui sont sionistes sans le savoir, qui sont sincèrement convaincus
de la légitimité de l’État d’Israël, mais qui se sentiraient outragés si on leur révélait
quel adjectif sert à désigner cette conviction ? (Bernard, 2003, p. 167)

Dans le même ouvrage, Patrick Klugman, alors président de l’UEJF, tient peu ou
prou le même discours en affirmant :

Je suis sioniste. Je veux dire par là que je suis favorable à l’existence et au maintien
de l’État juif institué dans la Palestine historique appelé « État d’Israël ». Accepter
la création d’un État juif, c’est d’abord reconnaître l’existence d’un peuple juif.
(Klugman, 2003, p. 243)

Cette acception basse du terme sioniste n’induit pas d’appartenance religieuse
particulière, la défense de l’existence de l’État d’Israël ne se limitant pas à la
communauté juive. L’Association France-Israël en est l’illustration. Son ancien
président, Michel Darmon, insiste sur la dimension non confessionnelle de
cette organisation :

France-Israël n’est pas une association de la communauté juive. C’est l’association
des Français amis d’Israël, quelle que soit leur tendance politique ou leur confes-
sion. C’est très important. Je suis le premier président qui soit juif depuis 1926,
date de naissance de l’association.7

Gilles-William Goldnadel, successeur de Michel Darmon à la présidence de
France-Israël, met lui aussi en avant la présence de nombreux non-juifs dans
cette organisation, que ce soit dans les instances dirigeantes ou au niveau des
membres de base 8.
L’acception basse du terme sioniste n’est toutefois pas suffisante pour tous.
Pour certains juifs français, être sioniste doit se traduire dans les faits par la
« montée » vers Israël, l’alyah, et par l’acquisition de la citoyenneté israélienne
en vertu de la « loi du retour »9. Plusieurs mouvements de jeunesse sionistes
encouragent ouvertement l’immigration vers Israël. C’est le cas du Bétar, groupe
se réclamant de la pensée de Vladimir Jabotinsky et proche du Likoud, princi-
pal parti de la droite israélienne. Un des responsables de ce groupe en France,
Yaacov X10, présente clairement l’alyah comme un de ses objectifs essentiels :

Le but du mouvement est de faire partir les gens. À l’époque d’Arnaud [un ancien
dirigeant], pratiquement toute la structure qu’il avait créée [est] partie. C’est quand
même un peu moins d’une centaine qui sont montés en Israël. […] Il y a vingt ans en
France, lorsqu’on essayait de prôner l’alyah, lorsque je demandais à des jeunes,
spontanément, “Qui compte faire son alyah ?”, il y avait deux hurluberlus qui
levaient la main. Sur cent personnes, la majorité disait : “On est sioniste, mais il ne
faut quand même pas pousser.” Mais aujourd’hui, j’ai posé la question à quelques
jeunes que j’avais et toutes les mains se sont levées. J’étais vraiment épaté.11

Yaacov X a d’ailleurs lui-même fait son alyah. À la fin des années quatre-vingt et
au début des années quatre-vingt-dix, il vivait en France et participait déjà aux
activités du Bétar. Puis il a décidé de franchir le pas et de partir s’installer en
Israël avant de revenir en France pour s’occuper de ce mouvement de jeunesse.
Le Bétar promeut l’alyah en organisant pour ses membres des voyages en
Israël. Ces voyages sont courts et permettent aux jeunes de découvrir ce pays pen-
dant leurs vacances. D’autres mouvements de jeunesse – comme le Bné Akiva,
un groupe qui se définit comme sioniste et religieux – mettent en place des pro-
grammes plus longs pour favoriser l’alyah, connus sous le nom de archara. La
archara permet à des jeunes qui ont pris la décision de s’installer en Israël de
s’intégrer plus facilement. Voici comment le Bné Akiva présente ce programme :

De nos jours, nous, jeunes juifs français, avons l’avantage de nous voir proposer
une large gamme de programmes pour parfaire notre intégration en Israël ; car
arrivé en Terre Sainte, cela constitue un objectif essentiel. Bourrés de rêves, de pro-
jets et d’idéaux, nous voulons faire partie intégrante de cette terre si longtemps
désirée ! Dès lors, une question évidente se pose à nous : quel est le programme
idéal qui donnera un coup de pouce à mon intégration ? Ce programme [la Archara]
nous accompagne durant une année entière  : il nous donne l’opportunité d’ex-
plorer Israël sous tous ses angles.12

Environ trois cents jeunes par an participeraient à des projets de ce type 13. Un
dirigeant du Bné Akiva, Raphaël Zaouch, explique : « Voilà près de 2000 ans
que le peuple juif prie pour retourner en Israël. Voici maintenant 60 ans qu’a
vu le jour l’État d’Israël et le retour du peuple juif sur sa terre. Je souhaite que
nous puissions continuer ensemble cette ascension vers la Terre Sainte. »14
Entre 1 500 et 3 000 juifs de France effectuent leur alyah chaque année15.
En 2007, les olim hadashim – expression employée en hébreu pour désigner
les personnes ayant fait leur alyah récemment – provenant de France étaient
2 659, ce qui les situait en quatrième position derrière les pays de l’ex-URSS
(6 445 personnes), l’Éthiopie (3 607) et les États-Unis (2 957)16. Certaines per-
sonnes ne voient pas d’un très bon œil les juifs de diaspora qui se disent sio-nistes mais refusent de franchir le pas de l’alyah. Ces derniers sont parfois
qualifiés de « sionistes de salon »17 ou de « théoriciens ». Théo Klein – ancien
président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) qui a
lui-même la double nationalité française et israélienne – explique par exemple :
« Un vrai sioniste, c’est quelqu’un qui est assis face au mont Sion, à Jérusalem.
Les autres sont des théoriciens. »18
Parmi les juifs de France qui n’ont pas souhaité faire leur alyah se trouve
Emmanuel Weintraub, ancien vice-président du Crif. Pour lui, le fait d’être sio-
niste s’est notamment traduit par l’apprentissage de l’hébreu. Il raconte une
anecdote à ce sujet :

Je sais l’hébreu, je le pratique et j’ai parfois des réactions étranges des Israéliens.
C’est une chose qui leur paraît un peu suspecte. Par exemple, en Israël, quand il
m’arrive à l’entrée ou à la sortie [du pays] de dire quelques mots à l’agent de sécu-
rité, ce n’est pas une bonne idée parce que j’ai un passeport français et alors il me
dit : “Où est votre passeport israélien ?”. Je dis : “Je n’en ai pas”. Puis il me dit :
“Alors, pourquoi tu parles hébreu ?”. Il faut alors faire un grand discours sioniste
pour expliquer pourquoi on parle hébreu.19

Un autre dirigeant de la communauté juive de France, Joël Mergui, président du
Consistoire central20, clame haut et fort le droit des Français de confession juive
à se déclarer sionistes et à défendre Israël sans nécessairement envisager de
faire leur alyah. À la veille des élections européennes de 2009, pour protester
contre la présence d’une « liste antisioniste », il a diffusé un message intitulé
« Je suis affirma-sioniste ». Plein d’enthousiasme, il expliquait :

Être affirma-sioniste, c’est affirmer que, sans la moindre incompatibilité, […] on
peut être citoyen français et soutenir Israël. Parce que c’est une démocratie pleine
de vitalité et d’humanité, parce que c’est un pays à la pointe de la recherche médi-
cale, scientifique et technologique, parce que le cinéma israélien est de haut
niveau ou pour mille autres raisons.21

Si le terme sionisme est connoté positivement au sein des cercles pro-israéliens,
il suscite au contraire une réelle méfiance, voire un rejet catégorique dans la
mouvance pro-palestinienne.

Sionisme, colonialisme et racisme

La grande majorité des militants pro-palestiniens de France est pour une solu-
tion à deux États, c’est-à-dire un État palestinien créé à côté d’Israël avec la
Ligne verte pour frontière. Si l’on considère que toute personne favorable
au maintien de l’État d’Israël est sioniste, alors la grande majorité des pro-
palestiniens de France serait sioniste. Pourtant, aucun militant pro-palestinien
interviewé pour cette recherche ne s’est dit « sioniste ». Quant au slogan « sio-
niste et pro-palestinien »22 utilisé par l’Union des étudiants juifs de France pen-
dant la deuxième Intifada, il n’a été repris à son compte par aucune associa-
tion pro-palestinienne, même parmi les plus modérées. Ceci s’explique par le
fait que le sionisme est historiquement honni par les défenseurs des Palesti-
niens, qui l’associent au colonialisme et au racisme (Finkielkraut, 1983, p. 63).
Le discours de certains militants pro-palestiniens – notamment une par-
tie de ceux qui militaient déjà pour cette cause avant la fin des années quatre-
vingt – reste marqué par quelques grands textes des années soixante. Au cours
d’un entretien réalisé avec Walid Atallah, responsable du Mouvement de sou-
tien à la résistance du peuple palestinien – une association particulièrement
radicale qui s’oppose à l’existence de l’État d’Israël et soutient le retour des
réfugiés palestiniens sur tout le territoire de la Palestine mandataire –, celui-ci
a expliqué : « Pour nous, la lutte première, c’est contre le sionisme […], contre
l’idéologie coloniale sioniste qui est représentée par l’État d’Israël. »23 Pour
expliquer sa position, il a mentionné, entre autres, la charte de l’OLP qui – à
ses yeux – serait toujours valable dans sa version d’origine, malgré la décla-
ration de caducité faite par Yasser Arafat en 1989 et les modifications appor-
tées par le Conseil national palestinien en 1996. Cette charte, rédigée en 1964
puis modifiée en 1968, est une véritable charge contre le sionisme. Sa « clé de
voûte »24 est l’article 22 qui débute par les phrases suivantes :

Le sionisme est un mouvement politique organiquement lié à l’impérialisme inter-
national et opposé à toute action de libération et à tout mouvement progressiste
dans le monde. Il est raciste et fanatique par nature, agressif, expansionniste et
colonial dans ses buts, et fasciste par ses méthodes.25

Un autre texte datant des années soixante et établissant un lien consubstan-
tiel entre sionisme et colonialisme est encore régulièrement cité par les mili-tants pro-palestiniens de France. Il s’agit de l’article de Maxime Rodinson inti-
tulé « Israël, fait colonial », écrit juste avant la guerre des Six jours et publié
dans le numéro des Temps modernes paru en juin 1967. Au terme de soixante-
dix pages de considérations historiques sur l’origine du sionisme, le célèbre
orientaliste conclut :

La formation de l’État d’Israël sur la terre palestinienne est l’aboutissement d’un
processus qui s’insère parfaitement dans le grand mouvement d’expansion
européo-américain des 19e et 20e siècles pour peupler ou dominer économique-
ment et politiquement les autres peuples. […] Pour ce qui est des termes, il me
semble que celui de processus colonial convient fort bien. (Rodinson, 1967, p. 83)
S’il y a en effet une haine qui souvent dépasse la mesure, si les gouvernants et les
idéologues construisent des mythes mobilisateurs autour du fait palestinien, c’est
sur la base d’une donnée objective dont les dirigeants sionistes sont responsables,
la colonisation d’une terre étrangère. (Ibid., p. 86)

Quarante ans après la publication de l’article de Maxime Rodinson, Bernard
Ravenel, président de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) – une
des principales associations françaises de soutien à la cause palestinienne –,
a tenu à lui rendre hommage, qualifiant le texte paru dans les Temps modernes
d’« article-événement » et le comparant, en termes d’impact, au « J’accuse »
d’Émile Zola. Bernard Ravenel conclut :

À partir de l’article des Temps Modernes, Maxime Rodinson […] aura été le grand
penseur en France de la question palestinienne en même temps que de la ques-
tion juive israélienne. Il aura fixé pour longtemps le cadre qui permet de penser les
conditions théoriques d’une solution politique possible et souhaitable du conflit
israélo-palestinien. (Ravenel, 2007)

Ainsi, la rhétorique associant sionisme et colonialisme fait aujourd’hui figure
de lieu commun dans la sphère pro-palestinienne. Un groupe comme les « Indi-
gènes de la République », de plus en plus visible dans les manifestations pro-
palestiniennes, explique : « Le Mouvement des indigènes de la république
(MIR) […] constitue un espace d’organisation autonome de tous ceux qui veu-
lent s’engager dans le combat contre les inégalités raciales qui cantonnent
les Noirs, les Arabes et les musulmans à un statut analogue à celui des indi-
gènes dans les anciennes colonies […]. Plus généralement, le MIR lutte contre
toutes les formes de domination impériale, coloniale et sioniste qui fondent
la suprématie blanche à l’échelle internationale. »26 Le 8 mai 2008, les Indi-
gènes de la République faisaient partie des organisateurs de la « marche déco-
loniale » à Paris. Cette marche visait à protester contre la politique de Nicolas
Sarkozy, qualifiée de « racisme républicain ». Cette politique se placerait « dansla continuité coloniale à la française » ; parmi les reproches faits au gouverne-
ment figurait le « soutien sans faille à la politique guerrière des États-Unis et
au colonialisme sioniste d’Israël »27. Autre illustration, lors des manifestations
pro-palestiniennes de janvier 2009 à Paris, les militants de la Confédération
nationale du travail (CNT) défilaient avec une banderole arborant le slogan :
« Le sionisme, c’est la guerre coloniale, le nettoyage ethnique »28.
La rhétorique liant sionisme et racisme existe aussi depuis longtemps et
constitue en quelque sorte le prolongement logique du binôme sionisme-colo-
nialisme. La résolution 3379 de l’Assemblée générale des Nations unies du
10 novembre 1975 énonçant : « Le sionisme est une forme de racisme et de dis-
crimination raciale » a contribué à la diffusion – et d’une certaine manière à la
légitimation – de ce discours. Cette résolution a été adoptée par 72 voix contre
35 et 32 abstentions avant d’être révoquée le 16 décembre 1991 par la résolution
46/86. La volonté d’assimiler le sionisme au racisme a connu de nouveaux déve-
loppements pendant la deuxième Intifada, au moment notamment de la « Confé-
rence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’in-
tolérance qui y est associée »29 tenue à Durban en septembre 2001. Avant même
le début de la conférence, certains documents préparatoires assimilant le sio-
nisme au racisme circulaient et le département d’État américain annonçait en
conséquence que « le Secrétaire d’État américain ne se rendra[it] pas à Durban en
raison du caractère anti-israélien du programme et de certains documents pré-
paratoires »30. Mary Robinson, haut-commissaire des Nations Unies aux droits
de l’homme et secrétaire générale de la Conférence de Durban, tentait d’apaiser
les esprits en déclarant : « Il est clair que la formulation “sionisme égale racisme”
a été abandonnée dans les textes et que les délégations sont tombées d’accord
pour qu’elle ne figure pas à l’ordre du jour. »31 Malgré ces déclarations, l’asso-
ciation du sionisme et du racisme s’est retrouvée au cœur des travaux du forum
des ONG qui réunissait environ 3 000 associations du monde entier. À la suite
de débats houleux, une déclaration finale accusant Israël de « perpétration sys-
tématique de crimes racistes, dont des crimes de guerre, d’actes de génocide et
de nettoyage ethnique »32 était adoptée tandis que certains documents échangésappelaient ouvertement à un retour à la résolution 337933. L’adoption de cette
déclaration finale a provoqué de nombreux remous et engendré le départ des
délégations israélienne et américaine34. La conférence de Durban s’est finale-
ment conclue par l’adoption laborieuse d’une « résolution de compromis », alors
que la France et l’Union européenne avaient menacé de se retirer de la confé-
rence si sa déclaration finale assimilait le sionisme à une forme de racisme35.
Sionisme, colonialisme et racisme se trouvent réunis dans la rhétorique
comparant la situation proche-orientale à la période de l’apartheid en Afrique
du Sud. Le discours associant la politique israélienne à une forme d’apartheid
est très fréquent dans la mouvance pro-palestinienne, des ouvrages comme
Palestine-Israël : la paix ou l’apartheid de Marwan Bishara (2002) ou Palestine :
la paix, pas l’apartheid de Jimmy Carter (2007) étant régulièrement cités par
les militants et vendus lors d’événements organisés par des associations de
soutien à la cause palestinienne. Les propos liant sionisme et apartheid sont
plus rares mais existent, comme en témoigne l’appel lancé par l’Union géné-
rale des étudiants de Palestine (Gups) pour participer à la « marche décolo-
niale » du 8 mai 2008. Cet appel stipule :

Bien loin de reconnaître sa responsabilité, Israël cherche à légitimer sa politique
menée depuis 60 ans en nous faisant accepter l’idée qu’il est un État juif pour les
juifs. Qu’adviendra-t-il des 1,5 millions de Palestiniens vivant encore sur leur terre,
à l’intérieur des frontières de l’État colonial ? Sont-ils définitivement devenus des
étrangers chez eux ? Et qu’adviendra-t-il du droit au retour des réfugiés ? Ce nouvel
apartheid que prône la doctrine sioniste est incompatible avec le droit et contraire
aux valeurs que nous défendons.36

Si le terme sionisme revêt donc historiquement une charge extrêmement néga-
tive au sein de la mouvance pro-palestinienne, les militants ne se disent pas
tous, pour autant, « antisionistes ». Ils insistent toutefois sur la nécessité de
bien distinguer l’antisionisme de l’antisémitisme.

Antisionisme et antisémitisme

Un consensus existe parmi les principales associations pro-palestiniennes
pour affirmer que l’antisionisme peut être légitime tandis que l’antisémitismene l’est pas. Les militants pro-palestiniens s’opposent donc à toute tentative
d’amalgame entre ces deux notions. Pendant la deuxième Intifada, plusieurs
ouvrages ont été publiés pour affirmer le droit de critiquer la politique israé-
lienne – ou même éventuellement le sionisme – sans être nécessairement
taxé d’antisémitisme. Dans Est-il permis de critiquer Israël ?, Pascal Boniface
dénonce l’instrumentalisation de l’antisémitisme :

Il ne faut pas nier l’antisémitisme. Il faut le combattre encore et toujours parce qu’il
n’a pas disparu. Mais il ne faut pas non plus l’instrumentaliser. C’est ce que fait par-
fois le gouvernement israélien lorsqu’il se sent en difficulté face à la communauté
internationale. (Boniface, 2003)

Quant à Denis Sieffert, il dénonce, dans un ouvrage collectif intitulé Antisémi-
tisme, l’intolérable chantage, l’assimilation de « toute prise de position critique
envers Israël à une forme d’antisémitisme » (Sieffert, 2003, p. 18). Il ajoute :
« C’est bien l’équation “Sharon égale sionisme égale judaïsme” qui est posée
ici. » (Ibid.)
Il est vrai que la hausse spectaculaire des actes antisémites constatée en
France à la fin de l’année 2000 et au printemps 200237 conduit certains res-
ponsables de la communauté juive à dénoncer le passage possible de l’anti-
sionisme à l’antisémitisme38. Roger Cukierman, alors président du Crif, affirme
par exemple sans détour :

On voit bien qu’à partir du moment où l’Intifada entraîne des actes violents
anti-juifs, cela veut bien dire que le grand public français et en tout cas les gens
concernés mélangent les deux. Je considère, pour ma part, que l’antisionisme est la
nouvelle forme de l’antisémitisme.39

Le même Roger Cukierman, dans son discours prononcé lors de l’édition 2003
du dîner du Crif, déclare :

Une connivence bizarre, une union contre nature entre la gauche laïque et révo-
lutionnaire et les mouvements pro-palestiniens conduit à une application inat-
tendue, le boycott. Une coordination appelle depuis le printemps dernier au boycott
des produits israéliens. On a même vu des entreprises dites sionistes c’est-à-dire
appartenant ou dirigées par des Français juifs, signalées à la vindicte du consom-
mateur. Cela confirme, s’il en est besoin, combien l’antisionisme est le nouvel habit
de l’antisémitisme.40

La rhétorique sur le glissement de l’antisionisme à l’antisémitisme est par
ailleurs développée dans plusieurs ouvrages, cités régulièrement par les mili-
tants pro-israéliens dont Les territoires perdus de la République (Brenner, 2004,
p. 344 et 353), La nouvelle judéophobie (Taguieff, 2002, p. 74 et 187) ou encore
Le nouveau bréviaire de la haine (Goldnadel, 2001). Ce dernier, dont le titre
s’inspire du Bréviaire de la haine de Léon Poliakov (1951) a été écrit par l’avo-
cat Gilles-William Goldnadel qui est devenu par la suite président de l’Asso-
ciation France-Israël. En 2002, l’Union des étudiants juifs de France et SOS
Racisme publient ensemble un ouvrage intitulé Les antifeujs. Le livre blanc des
violences antisémites en France depuis septembre 2000. Là encore, antisémi-
tisme et antisionisme sont associés : « L’antisémitisme reculera le jour où l’an-
tisionisme cessera de lui servir d’alibi. Il n’est pas innocent de reprocher aux
juifs leur solidarité avec Israël, ni de les obliger à se justifier d’être ce qu’ils sont
pour les écarter de la communauté nationale. » (UEJF, SOS Racisme, 2002, p. 28)
La rhétorique assimilant antisionisme et antisémitisme reçoit enfin une forme
de caution officielle en 2004 dans le rapport remis par Jean-Christophe Rufin au
ministre de l’Intérieur. L’auteur du rapport qualifie en effet l’« antisionisme radi-
cal » d’« antisémitisme par procuration » (Rufin, 2004, p. 28). Tout le problème
réside dans l’appréciation du degré de « radicalité », car Jean-Christophe Rufin
ne définit pas de critères permettant d’affirmer que certains discours antisio-
nistes sont assimilables à de l’antisémitisme tandis que d’autres ne le sont pas.
Si une liste de critères précis n’est probablement pas définissable, il est tou-
tefois intéressant de noter que les groupuscules qui tiennent un discours anti-
sioniste flirtant avec l’antisémitisme sont condamnés par les principales asso-
ciations pro-palestiniennes – comme l’Association France Palestine Solidarité
(AFPS) – et rejetées en marge du mouvement de solidarité avec les Palesti-
niens. Des groupuscules comme La Pierre et l’Olivier, le Parti des musulmans de
France ou le collectif cheikh Yassine sont ainsi considérés avec la plus grande
circonspection par les associations pro-palestiniennes consensuelles. Quant
à la « liste antisioniste » sur laquelle Dieudonné s’est présenté aux élections
européennes de 2009, elle a été dénoncée par certaines des associations pro-
palestiniennes les plus en vue, à l’instar de l’AFPS. Cette dernière a publié,
quelques jours avant les élections, un communiqué dénonçant fermement l’en-
gagement politique de l’humoriste mais dans lequel le mot « antisémitisme »
n’était pas explicitement employé41.
Si la plupart des pro-palestiniens insistent sur le fait que l’antisionisme
peut être légitime alors que l’antisémitisme doit être condamné, ils ne se disent
pas pour autant antisionistes, soit parce qu’ils ne le sont pas, soit parce qu’ilssentent que ce n’est pas une opinion consensuelle. Cela ressort nettement des
entretiens réalisés avec des militants. Richard Wagman, militant d’extrême
gauche et président de l’Union juive française pour la paix (UJFP) – une des
rares associations juives à être présente dans les manifestations pro-palesti-
niennes –, souligne par exemple que la structure qu’il dirige « n’est pas officiel-
lement antisioniste », avant d’ajouter : « Nous ne nous définissons pas comme
une organisation sioniste dans la mesure où nous n’appuyons pas cette idée que
les juifs du monde entier doivent nécessairement bénéficier d’un territoire ou de
structures étatiques. »42 Si les membres de cette association ne se perçoivent
ni comme sionistes ni comme antisionistes, il est alors légitime de se deman-
der comment ils se définissent. Certains éléments de réponse sont fournis par
une autre cadre de l’UJFP, Michèle Sibony. Cette dernière rejette elle aussi le
terme antisioniste43 avant de qualifier l’association à laquelle elle appartient de
« non-sioniste » ou d’« a-sioniste ». Elle explique que le courant israélien qui se
rapproche le plus de la philosophie de l’UJFP est le « post-sionisme »44. Richard
Wagman et Michèle Sibony résument tous deux leur opinion en une phrase : « Il
faut qu’Israël devienne l’État de tous ses citoyens », ce qui signifie en clair que
les non-juifs vivant en Israël ne se sentiront pas pleinement citoyens de cet État
tant que ce dernier continuera à être défini officiellement comme un État juif.
Pour nombre de militants pro-israéliens, remettre en cause le caractère juif
de l’État d’Israël ne relève ni de l’« a-sionisme » ni du « post-sionisme » mais bel
et bien de l’« antisionisme » et donc, dans une certaine mesure, de l’antisémi-
tisme. À ceux qui expliquent que traiter d’antisémites des juifs – à l’instar des
membres de l’UJFP – ne fait pas sens, certains pro-israéliens rétorquent que les
juifs antisémites existent et qu’ils souffrent d’un syndrome appelé la « haine
de soi ». L’expression « haine de soi » – Selbsthaß, en allemand – a été popu-
larisée par le philosophe Theodor Lessing (1872-1933)45. Au début de l’année
2009, l’Union des patrons et professionnels juifs de France (UPJF) a par exemple
reproduit sur son site Internet un article d’Itshak Lurçat intitulé : « La haine de
soi juive, du pathologique au politique »46. Dans cet article, l’Union juive fran-
çaise pour la Paix (UJFP) est qualifiée d’« association de juifs antisémites ». La
Paix Maintenant est aussi dans le collimateur de l’auteur :

La haine de soi est sans doute un facteur d’explication de l’attitude de groupes tels
que Chalom Archav [La Paix maintenant], qui imputent toujours à Israël la respon-
sabilité du conflit et des guerres imposées par nos ennemis arabes. Et c’est aussi cette haine de soi pathologique qui explique le comportement délirant de cer-
tains “alterjuifs” en France (et ailleurs), dont nous avons eu plusieurs illustrations
récentes, à l’occasion de la guerre contre le Hamas à Gaza.47

En définitive, cet article montre comment les tensions dans lesquelles se trouve
pris un mot finissent par le rendre, si ce n’est inutilisable, du moins tellement
connoté qu’il en devient à son tour source de discorde. Les différences de
vues qui opposent militants pro-israéliens et pro-palestiniens sur la question
de la définition du sionisme ne font en réalité qu’illustrer l’incompréhension
fondamentale de deux sphères militantes qui interprètent le conflit israélo-
palestinien à travers des grilles de lecture antagonistes : celle du colonialisme
pour les militants pro-palestiniens et celle du retour du peuple juif sur sa terre
du côté pro-israélien.
Les militants des deux bords disposent de leurs propres médias, de leurs
propres intellectuels et de leur propre littérature qui ne font que les renforcer
dans leur vision du conflit plutôt que de les confronter à des visions alternatives.
Lorsque des membres d’associations pro-palestiniennes et pro-israéliennes se
rencontrent – ce qui est très rare –, ils se comprennent d’autant moins que les
termes qu’ils emploient peuvent avoir des significations différentes en fonction
de la sphère militante à laquelle ils appartiennent. En 1997, alors que l’euphorie
des accords d’Oslo se faisait encore sentir, la revue Mots. Les langages du poli-
tique avait publié un numéro intitulé Israël, Palestine. Mots d’accord et de désac-
cord. Aujourd’hui, après une décennie marquée par la violence au Proche-Orient,
les mots de désaccord semblent plus nombreux que jamais.

Notes

1 Sur Nathan Birnbaum, voir notamment Fishman, 1987. Voir aussi Kühntopf-Gentz, 1992, p. 118-139.

2 Charbit, 2007. D’autres ouvrages revenant sur la définition et sur l’histoire du sionisme ont été
publiés récemment, parmi lesquels Greilsammer, 2005 et Bensoussan, 2001. En outre, plusieurs
recueils de textes fondamentaux du sionisme existent, notamment Charbit, 1998 et Bénichou, 2008.

3 Ce livre, publié initialement en 1896, a notamment été réédité en 2007 aux Éditions de L’Herne,
et en 2008, sous le titre L’État des juifs, à La Découverte.

4 Le terme « discorde » fait allusion à l’ouvrage de Rony Brauman et Alain Finkielkraut, 2006.

5 Théodore Herzl lui-même ne s’oppose pas à la constitution d’un État juif ailleurs qu’au Proche-
Orient. Une partie de L’État juif s’intitule d’ailleurs « Palestine ou Argentine ? » (Herzl, 2007,
p. 58-62).

6 Voir à ce sujet Samuel Ghiles-Meilhac, 2009 et Catherine Nicault, 2001.

7 Entretien avec Michel Darmon réalisé par l’auteur le 14 mai 2004.

8 Entretien avec Gilles-William Goldnadel réalisé par l’auteur le 10 juillet 2006.

9 Sur la « loi du retour », voir Abitbol, 2002.

10 À aucun moment, lors de la prise de contact puis de l’entretien, ce responsable du Bétar n’a donné son nom de famille.

11. Entretien avec Yaacov X réalisé par l’auteur le 4 août 2006.

12. Cette présentation de la Archara figurait sur le site Internet du Bné Akiva que nous avions
consulté le 16 février 2009. Le site [http://www.bneakiva.net/archara.htm] existe toujours mais
cette page a disparu.
13. Source : brochure intitulée Mahanot Bné Akiva été 2008.

14. Raphaël Zaouch, « Lettre du chaliah », Mahanot Bné Akiva été 2008.

15. Les chiffres varient selon les années et selon les sources. Certains n’hésitent pas à parler de
« guerre des chiffres ». Voir Caroll Azoulay, « L’alya de France se place au-dessus de la mêlée »,
Guysen International News, 8 janvier 2008 [http://www.guysen.com/article_L-alya-de-France-se-
place-au-dessus-de-la-melee_6582.html]. Le bureau central des statistiques, l’équivalent israé-
lien de l’INSEE, donne des chiffres qui se situent plutôt dans le bas de la fourchette. Voir « Immi-
grants by period of immigration, country of birth and last country of residence », Central Bureau of
Statistics, Statistical Abstract of Israel, 2008, tableau 4.4 [http://www1.cbs.gov.il/reader/shna-
ton/templ_shnaton_e.html?num_tab=st04_04&CYear=2008]. Sites consultés le 16 février 2009.

16. Stéphanie Zenati, « L’aliya en chute libre », Guysen International News, 24 décembre 2007
[http://www.guysen.com/tri_cat_gen.php?cat=&page=331], consulté le 16 février 2009.

17. Cette expression est revenue à deux reprises lors de discussions informelles qui ont eu lieu en
Israël en mars 2008. Par ailleurs, Richard Wagman, président de l’Union juive française pour
la paix, l’a employée lors d’un entretien réalisé par l’auteur le 13 avril 2006. L’expression « sio-
niste de salon » est aussi employée sur le site de la Ligue de défense juive dans un article très
critique à l’égard de Kadima-France. Voir Élie Kling, « La techouva d’Alex Moïse », 7 novembre
2007 [http://www.liguededefensejuive.net/spip.php?article35], consulté le 23 février 2009.

18. Voir le documentaire de Stéphane Khémis et Jean-Baptiste Frappat intitulé « Théo Klein, juif,
français, israélien » diffusé sur France 5 le 1er octobre 2007.

19. Entretien avec Emmanuel Weintraub réalisé par l’auteur le 6 mai 2004.

20. Le Consistoire central est une institution créée à l’époque napoléonienne et qui a pour but d’or-
ganiser le culte juif en France. Voir notamment Lustman et al., 2004.

21. Joël Mergui, « Je suis affirma-sioniste », message envoyé par courrier électronique à tous les des-
tinataires de la newsletter du Consistoire central le 5 juin 2009.

22 Voir notamment Klugman, 2003.

23 Entretien avec Walid Atallah réalisé par l’auteur le 16 août 2006.

24 L’expression « clé de voûte » est employée par Georges Élia Sarfati, 1997.

25 Le texte complet de la version de 1968 de la charte nationale palestinienne est en ligne [http://
perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire?iddictionnaire=1443]. Site Inter-
net de l’université de Sherbrooke consulté le 15 novembre 2009.

26. Site du mouvement [http://www.indigenes-republique.fr/statique?id_article=189] consulté le
1er mars 2009.

27. Ce sont les termes employés dans l’appel à manifester diffusé le 14 février 2008 sur le site
du mouvement [http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=68], consulté le
1er mars 2009.

28. Observation de la manifestation pro-palestinienne du 10 janvier 2009 à Paris.

29. C’est l’intitulé officiel de cette conférence, plus connue sous l’appellation « Conférence de Durban ».

30. Annonce reprise dans une dépêche de l’Agence Europe du 31 août 2001, intitulée « La confé-
rence mondiale contre le racisme s’ouvre sur fond de polémique sur le sionisme et l’indemni-
sation des victimes de l’esclavage ».

31. La déclaration de Mary Robinson est citée dans une dépêche de l’Agence Europe du 31 août 2001
intitulée : « La conférence mondiale contre le racisme s’ouvre sur fond de polémique sur le sio-
nisme et l’indemnisation des victimes de l’esclavage ».

32. Cette déclaration est citée dans une dépêche de l’Agence Reuters du 2 septembre 2001 intitu-
lée : « 3 000 ONG traitent Israël d’État raciste ».
33. De nombreux textes produits par le forum des ONG sont disponibles sur le site Internet de l’uni-
versité de Dayton. Voir en particulier la section consacrée aux Palestiniens, où est mentionnée
explicitement la résolution 3379 [http://academic.udayton.edu/race/06hrights/WCAR2001/
NGOFORUM/Palestinans.htm]. Site consulté le 18 février 2009.

34. Ed Stoddard, « Racisme. Mise en garde française à Durban », Reuters, 5 septembre 2001.

35. L’expression « résolution de compromis » est employée dans une dépêche de l’Agence Reuters
du 8 septembre 2001 intitulée :« Jospin satisfait par la déclaration de Durban ».

36. L’appel de la Gups a été relayé sur le site Internet des Indigènes de la République [http://www.
indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=64], consulté le 1er mars 2009.

37. Sur la hausse des actes antisémites pendant la deuxième Intifada, voir Wieviorka éd., 2005.

38. La rhétorique sur le passage de l’antisionisme à l’antisémitisme développée au début de la
deuxième Intifada n’est pas sans rappeler les travaux de Léon Poliakov à la fin des années
soixante. Voir en particulier Poliakov, 1969. À l’époque déjà, les militants pro-palestiniens s’in-
dignaient contre l’instrumentalisation de l’antisémitisme. Voir par exemple Liebman, 1970.

39. Roger Cukierman est cité par Jean-Pierre Allali, 2002, p. 103.

40. Roger Cukierman, discours prononcé lors du dîner du Crif du 25 janvier 2003, en ligne [http://
http://www.crif.org/?page=articles_display/detail&aid=659&artyd=56%5D, consulté le 19 février 2009.

41. « La présentation par Dieudonné d’une liste prétendument antisioniste et constituée de mili-
tants d’extrême droite aux élections européennes mérite une mise au point ». Communiqué de
l’AFPS publié le 26 mai 2009 [http://www.france-palestine.org/article11922.html], consulté le
24 novembre 2009.

42 Richard Wagman réalisé par l’auteur le 13 avril 2006.

43 Entretien avec Michèle Sibony réalisé par l’auteur le 11 juillet 2007.

44 Sur le « post-sionisme », voir Nimni éd., 2003. Voir aussi Charbit, 2006.

45 Benoît, 1996, p. 213-222. Voir aussi la postface de Denis Charbit au livre d’Avraham B. Yehoshua,
2005, p. 155.

46. Itshak Lurçat, « La haine de soi juive, du pathologique au politique », 30 janvier 2009 [http://
http://www.upjf.org/actualites-upjf/article-15622-145-7-haine-juive-pathologique-au-politique-
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