L’extrême droite se restructure avant les élections européennes

Un nouveau parti politique européen d’extrême droite devrait voir le jour, après le scrutin de cette année pour le Parlement européen. Afin d’éviter toute « diabolisation », les néonazis hongrois et grecs en ont été exclus. Cependant, il y a encore du travail pour être totalement clean

 

Les députés européens Karel Dillen (Vlaams Blok/Belang, aujourd’hui décédé) et Jean-Marie Le Pen (FN français) – Doc. : Archives RIDAF.


En perspective des élections européennes de cette année, différentes formations d’extrême droite et de la « nouvelle » droite national-populiste  s’organisent ensemble pour s’y présenter avec un projet commun : la constitution d’un nouveau parti politique européen pour rassembler les « nationalistes et les patriotes » opposés à l’Europe d’aujourd’hui.

Les partis partenaires de ce projet sont, pour le moment, le Partij voor de Vrijheid (PVV) de Geert Wilders pour les Pays-Bas, les Sverigedemokraterna (SD, Démocrates suédois), la Lega Nord pour l’Italie, le Freiheitliche Partei Österreichs (FPÖ) pour l’Autriche, le Vlaams Belang pour la Belgique et le Front national de Marine Le Pen pour le France.
Avec les néonazis hongrois
Après diverses expériences – entre le milieu des années 1980 et les années 2000 -, le FN français participait en 2009 au Parlement européen à la création de l’Alliance européenne des mouvements nationaux (AEMN). Cette alliance sera reconnue officiellement en 2012 comme « parti politique européen ». L’AEMN regroupait alors des députés européens d’extrême droite. Provenant de formations pures et dures. Le Jobbik, un mouvement néonazi hongrois, comme le Britsh national party (BNP), une formation phare du néofascisme britannique, faisaient parties des cofondateurs de l’AEMN. Démocratie Nationale (DN), un des micro-partis issus de l’implosion en 2012 du Front national belge, participe comme invité aux réunions de ce parti européen.

Lors de sa création en 2009, l’AEDM fut présidée par Bruno Gollnisch, député européen du FN français et alors toujours son numéro deux. Le président-fondateur frontiste, Jean-Marie Le Pen était également rattaché à l’AEMN. Mais dans le cadre de son opération de « dédiabolisation », Marine Le Pen a imposé à son parti la rupture totale avec l’Alliance européenne des mouvements nationaux. Au grand dam du duo radical frontiste Le Pen-Gollnisch. Cette récente rupture s’est faite dans l’attente des nouvelles élections européennes et dans l’espoir de pouvoir recréer un parti politique européen avec des partenaires moins sulfureux. En surface.

« Vive notre race ! »
Parce que dans l’ombre de cette « nouvelle » droite radicale BCBG, les « chemises noires » et les adeptes de l’Ordre nouveau racial restent bien présents. En novembre 2012, Mario Borghezio scanda à la tribune d’un meeting d’identitaires racialistes français : « Un peuple c’est le sang, une ethnie, des traditions et nos ancêtres ! (…) Vive les blancs en Europe ! Vive notre ethnie ! Vive notre race ! » 

Ce Borghezio est un des actuels eurodéputés de la Lega Nord. Un parti séparatiste nordiste d’Italie allié à Marine Le Pen et à ses nouveaux compagnons européens.

SIMON HARYS

 



Le partenaire belge du Front national français est le Vlaams Belang. Avec d’autres, ils se sont alliés pour mener ensemble une opposition dans le futur parlement européen. Sur cette photo prise en 2010, Filip Dewinter (troisième à partir de la gauche), véritable patron du VB, s’y trouve en compagnie notamment de dirigeants de la Nouvelle Droite Populaire (NDP) et du Mouvement national républicain (MNR), formés par des dissidents du Front national français. On y observe aussi, Alberto Torresano (avec la casquette), un des responsables d’une organisation phalangiste espagnole et proche en France de l’ex-OEuvre française, un mouvement néofasciste antisémite dissout cet été par le gouvernement français Le même Torresano fut par ailleurs un proche de Léon Degrelle, le dirigeant de l’extrême droite belge monarchiste des années 1930-1940  –  Doc. : RIDAF

© RésistanceS.be – web-journal de l’Observatoire belge de l’extrême droite – http://www.resistances.beinfo@resistances.be – Article mis en ligne le 3 janvier 2014.

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