Dieudonné, le facho au bras mou mais long

Je me suis longtemps demandée si j’allais chier un billet d’humeur sur Dieudonné, oui Dieudonné ayant centré le fondement de sa communication au niveau anal, je me mets à la hauteur.

Dieudonné n’est qu’un symptôme de cette maladie persistante et unanime qu’est l’antisémitisme. Il le dit lui même « Je ne suis pas malade c’est la société qui l’est », je lui accorde d’avoir raison.

Jean-Yves Camus a parfaitement souligné (lien) l’importance prédominante de la contextualisation du geste de la quenelle, il n’est même plus question de s’interroger sur sa signification mais bien de considérer la surenchère de mises en scène. Soral vient d’ailleurs d’être largement dépassé par cette photo prise devant l’école juive Ozar Hatorah où Mohamed Merah a tué de sang froid Jonathan Sandler, 30 ans ; ses enfants Arié, 3 ans, et Gabriel, 6 ans, et Myriam Monsonego, 8 ans. Antisystème ? Anelka et son pactole de 13 millions d’euros en 2012, antisystème ?
Mais il importe peu ses fans mononeuronés médiatisés pour l’audience mais ses réels soutiens et influences tels que Larouche, Soral, le mouvement Neturei Karta, Kémi Séba, Mahmoud Ahmadinejad, l’extrême droite musulmane et celle du FN… la liste est bien plus longue que les people qui jouent la subversion.

Dieudonné n’a même plus besoin d’affirmer son antisémistisme, ses abrutis utiles, issus de tous les milieux, qui ne sont même pas amenés à se rencontrer et à se tolérer ailleurs que dans les show de leur gourou, s’en chargent pour lui.
Extrait d’un article Du Monde de Benoît Hopquin du 28/12/13
« L’artiste monte quasiment un nouveau spectacle par an, signe d’un esprit prolixe, mais également patiente intronisation à la « dieudosphère ». Après avoir regardé, comme tant d’internautes, chacune de ses productions, on s’aguerrit peu à peu aux rites, aux codes de la transgression, dont la quenelle ou la chanson Shoananas (« Tu me tiens par la Shoah, je te tiens par l’ananas », sur l’air de la chanson d’Annie Cordy, Chaud cacao) ne sont que des exemples. La connivence devient alors totale.

Du coup, les complices font la moitié du chemin. Dieudonné peut procéder par ellipses, sans craindre les foudres d’un procès. Chacun saura remplir les blancs imposés par la loi à grands éclats de rire. Il n’a qu’à évoquer « la maison mère » et tout le monde a compris que c’est Israël qui est désigné, là où se prennent les décisions du monde. Il lui suffit de dire « les attentats du 11-Septembre… » ou « c’est comme les chambres à gaz… », nulle nécessité de pousser plus avant les thèses révisionnistes. Aussitôt fuse l’approbation jubilatoire de la salle. »

Le pire pour ces orduriers de l’humour, c’est qu’ils ne se rendent même pas compte que ce sont eux qui sont en train de se la faire « glisser » et pour une fois la connerie humaine me rend optimiste, parce que pas la moitié ne comprennent à quoi ils servent et ce qu’engage leur capacité à anoner en bêlant ce que leur idole leur à appris.

Il importe moins du sens du geste de la quenelle sur lequel les médias s’interrogent et qu’ils s’empressent depuis peu de relayer. Cette gestuelle photogénique qui pousse la provocation jusque dans les retranchements de l’indécence n’est pourtant que la bien petite partie visible de cette galaxie complexe dans laquelle évolue Dieudonné et qu’il contribue à faire évoluer, notamment par la manne financière que sont ses idiots utiles de spectateurs.
L’enquete a été faite, il appartient aux médias de la relayer et de donner la parole à ceux, Michel Briganti, André Déchot, Jean-Paul Gautier, qui ont en 2011 déjà dénoncer le système Dieudonné dans le livre « La galaxie Dieudonné, pour en finir avec les impostures ».

Dieudonné a ce qu’il veut, demain le Betar et la LDJ appellent à manifester et il ne s’agira plus de théoriser. Ne les laissons pas combattre notre ennemi.

Ne le faites pas taire, invitez-le sur les plateaux télé, confrontez-le à celles et ceux capables de démonter son discours, pointer ses contradictions, révéler les manipulations, démontrer ses véritables intentions.
Donnez-lui l’audience qu’il a perdu qui en fait une victime, et condamnez-le à chaque fois que c’est possible.
Qu’il ne soit plus un paria mais celui que l’on regarde droit en face comme on regarde l’Histoire pour ne pas qu’elle recommence.

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