Maison d’Arrêt des Femmes de Seysses, le jeudi 30 mai 2013

Madame, Monsieur de la radio
Je viens à vous pour dénoncer les maltraitances que l’on subit à la MAF de Seysses, que ce soit en tant que spectatrice qu’en tant que persécutée. Tout d’abord, il y a 4-5 jours,
une détenue basque espagnole que les surveillantes provoquent très
souvent verbalement ! Donc notre collègue détenue Iti a demandé gentiment
aux surveillantes de ne pas la tutoyer, que le respect doit être dans les
deux sens, enfin voila le ton est monté et Iti a été passée à tabac,
coups de pieds dans le ventre, etc. De là il l’ont jetée comme un chien
au mitard (cellule disciplinaire). Il y fait très froid dans cette
cellule, elle a réclamé une couverture et ils ne lui ont pas donné.
Aussi, le lendemain Iti a été vue par le médecin à qui elle a fait part
qu’elle était indisposée et qu’elle n’a rien, ni serviette ni papier
toilette. Le médecin lui a donné de l’essuie-tout, ne serait-ce que pour
l’hygiène, et en la remontant au mitard les surveillantes lui ont
confisqué l’essuie tout. Iti a fait part de son mécontentement et, hélas,
les surveillantes l’ont repassée à tabac. Résultat ils lui ont mis 25
jours de mitard dans des conditions inhumaines, sans hygiène, elle a
froid, et pour faire valoir ses droits la pauvre Iti fait la grève de la
faim avec une amie qui elle aussi fait une grève de la faim. Et pour les
détenues qui ont tout entendu ou qui ne sont tout simplement pas d’accord
avec leur façon tortionnaire, les détenues qui font un refus de plateau
(de prendre le manger aux heures de repas), les surveillantes nous font
comprendre qu’on a pas intérêt, elle nous dissuadent en nous faisant
comprendre qu’il vaut mieux pas s’en mêler. Madame, monsieur de la radio
il faut faire quelque chose et vous aussi chers auditeurs, auditrices,
aidez-nous à ce que les choses changent. Les surveillantes se comportent
pire que les détenues, elles nous mettent la pression, l’humiliation,
elles jouent avec nous. Par exemple, hier, une maman était venue voir sa
fille, et parce que cette vieille dame sonnait au portique à cause de son
soutien-gorge – cette dame à même proposé d’enlever son soutien-gorge –
malgré ça ils lui ont fait faire demi-tour et rentrer chez elle. Cette
dame n’a pas de voiture, elle prend le bus, et la prison est à plus
d’1h30 de la ville. Il y a aussi une jeune yougoslave qui a fait une
fausse couche et qui n’a pas eu les soins adéquats, il y a aussi une
détenue qui a été fouillée abusivement, elle l’a ressenti comme un viol
et cela trois fois dans une pièce différente en interrompant son parloir.
Je peux citer beaucoup d’autres abus. Nous sommes des détenues, pas
animaux ! Il faut sincèrement que l’on nous aide. Nous, on ne peut rien
faire du fond de notre cellule. Voilà pourquoi je vous demande de nous
aider pour que nos conditions de détentions soient justes.
Merci de
m’avoir écouté, j’espère que ma lettre va pouvoir nous aider grâce à
vous.
Merci.

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