Diaz, Gênes, G8, 2001

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« Ceci est le premier mouvement de masse de l’Histoire qui ne réclame rien pour lui-même.
Gênes – G8 – 2001
Cette nuit pour 93 personnes commence le cauchemar.
« La plus grave violation des droits démocratiques dans un pays occidental depuis la seconde guerre mondiale » (Amnesty International) »

Bande annonce Diaz, un crime d’Etat

Pour rappel :

Le Black Bloc est un mode d’action directe, ponctuel et éphémère. Il ne s’agit en rien d’une organisation dont des individus seraient membres de façon revendiquée et pérenne.

(voir les liens encore viables sur l’article de Rebellyon « Blacks blocs, la liberté et l’égalité se manifestent »

Sommaire :
– Retour sur les faits : Il y a 12 ans le G8 à Gênes
– Témoignage : Un policier raconte la « boucherie » de l’école Diaz lors du G8 de Gênes
– Jugements et condamnations : En Italie, une justice ambiguë

Il y a 12 ans le G8 à Gênes
par Julien Sansonnens
Je ne reproduis pas les images de l’article volontairement, et me permet 3 modifications signalées par des [] et des italiques essentiellement pour une cohérence temporelle.

[] Du 20 au 22 juillet 2001, se tenait à Gênes le sommet du G8, réunissant les 8 pays les plus industrialisés de la planète. Repliés derrière des barbelés, reclus et protégé de la population par la police et l’armée, nos dirigeants décidaient de l’avenir de la planète et du déroulement des affaires hors de tout regard citoyen.

Ce sommet a donné lieu a de très importantes manifestations, réprimées avec une sauvagerie inouïe par les carabiniers italiens. Si le paroxysme de l’horreur a été atteint par le meurtre d’un manifestant, de très nombreuses autres exactions ont été commises par les forces de l’ « ordre » italiennes.

Ces faits d’une extrême gravité se sont déroulés dans un pays civilisé et démocratique, au début du XXIème siècle. [] Nous n’avons pas le droit d’oublier ce qui s’est passé à Gênes en juillet 2001.

Retour sur quelques faits

Dans les rues de Gênes, du 20 au 22 juillet 2001 se sont retrouvés 200’000 hommes, femmes et adolescents venus du monde entier et appartenant à plus de 800 mouvements populaires, syndicats, Eglises, associations et ONG. En réponse au G8, des théâtres de rue, concerts, expositions open-air ont été organisés; toutes ces activités se développant sous le label « Genoa Social Forum ». Ces rassemblements était autorisés par la police.

Des échauffourées ont eu lieu le samedi après-midi 21 juillet quand une manifestation a été infiltrés par de pseudos-casseurs (en réalité des policiers, lesquels ont reconnu avoir fabriqué de toutes pièces des émeutes afin de pouvoir réprimer les manifestations). A 17h30, un carabinier abattit d’un tir dans la tête le jeune manifestant Carlo Giuliani, étudiant en histoire de 20 ans. Il mourut quelques instants plus tard, alors que la jeep de la police lui roulait plusieurs fois sur le corps. []

A ce jour, toutes les charges contre Mario Placanica, le carabinier qui a ouvert le feu, ont été abandonnées: une enquête a relevé que la balle ayant tué Marco avait été dévié dans sa course par le jet d’une pierre.

Mais il ne s’agit nullement d’un acte isolé. La nuit-même, sur ordre du ministre de l’intérieur de Berlusconi, les commandos de la police spéciale attaquèrent l’école Diaz, siège du Forum Social, et lieu d’hébergement de beaucoup de manifestants et manifestantes. Cette opération spéciale, véritable boucherie, aboutira à la dévastation des locaux et au passage à tabac de nombreux altermondialistes. La plupart d’entre eux furent arrêtés, sévérement battus et insultés. Beaucoup furent amenés à la caserne de Bolzaneto. Là, certains furent jetés à terre et piétinés par les carabiniers. D’autres, à genoux, devaient chanter ce refrain sous peine d’un redoublement des coups:

Une, due, tre
Viva Pinochet!
Quatro, cinque, sei
A morte gli Ebreï
Sette, Otto, nove
Il negretto non comuove !

(Un deux trois, vive Pinochet ! / Quatre, cinq, six, mort au juifs / sept huit neuf, à-bas les nègres !).
Exactions rapportées par des manifestants espagnols dans La Vanguarda, Barcelone, 31 juillet 2001

Les détenus français étaient nombreux, appartenant principalement aux mouvements ATTAC, greenpeace, Terre des Hommes, Amnesty international. Dans une cellule, un homme fut fouetté, les mains entravées par des menottes qui bloquaient sa circulation sanguine. Il a rapporté les paroles suivantes de son tortionnaire: « Tu es une merde française. Tu as frappé Gênes, je veux que tu souffres. » (propos rapportés dans Libération, 27 juillet 2001)
D’autres jeunes filles de l’Université de Paris-Jussieu furent mattraquées dans la rue. Blessées, elles furent évacuées en ambulance vers l’hôpital. Là, elles furent interrogées par des carabiniers. Souffrant de douleurs intenses, l’une des jeunes filles demanda des soins. Le médecin répondit à l’infirmière: « elle ne recevra pas de soins tant qu’elle ne verra pas double, ne vomira pas et ne se traînera pas sur le sol. » (Libération, 27 juillet 2001)

Un jeune homme du même groupe raconte: « on m’a conduit dans un bâtiment comportant quatre cellules, où des jeunes étaient alignés contre le mur. Dans la dernière, une quinzaine de personnes, le front et les mains sur le mur, les pieds reculés, en équilibre, avec interdiction de bouger. Je suis resté dans cette position pendant quatre ou cinq heures. Nous nous faisions frapper régulièrement sur les plaies, de façon à ne pas ajouter de traces à celles constatées à l’hôpital. Ils nous cognaient la tête contre le mur, je voyais mon sang dégouliner. J’ai demandé un avocat: je n’ai reçu que plus de coups. »

Sous couvert d’anonymat, un policier écoeuré ayant assisté aux sevices confiera « je sens encore l’odeur des excréments des personnes arrêtées auxquelles on interdisait d’aller aux toilettes. »

Un report plus complet sur le raid de l’école Diaz

Un témoignage de Mark Covell, victime du raid sur l’école Diaz

Un policier raconte la « boucherie » de l’école Diaz lors du G8 de Gênes
Par Jean-Jacques Bozonnet – Rome, correspondant Le Monde

Que s’est-il vraiment passé à l’école Diaz, cette nuit de juillet 2001, en plein sommet du G8 à Gênes, quand la police italienne a fait irruption dans les locaux qui servaient de dortoir à plusieurs dizaines d’altermondialistes ?

Jusque-là, il n’y avait que les témoignages recueillis par Amnesty International auprès des 93 personnes blessées ce soir-là. Désormais, la thèse de la bavure est confirmée par un officier de police présent sur les lieux. « C’est vrai, j’ai vu des policiers s’acharner sur des personnes sans défense, cela ressemblait à une vraie boucherie », a raconté Michelangelo Fournier, mercredi 12 juin devant le tribunal de Gênes où il comparaît avec vingt-sept autres fonctionnaires ayant participé à la descente de police.
Ancien adjoint au préfet de police de Rome, Michelangelo Fournier commandait l’un des groupes antiémeute qui firent irruption dans l’école. La situation a rapidement dérapé : « Dans l’obscurité, j’ai vu quatre agents, deux en uniformes et deux en civil, matraquer une jeune fille, je leur ai crié d’arrêter, ils ont continué, j’ai dû les bousculer, ils m’ont insulté », a-t-il dit au juge au cours d’une déposition fleuve de plusieurs heures. « Je suis resté tétanisé quand j’ai vu la fille avec le crâne fendu, dans une mare de sang, il y avait des grumeaux comme des morceaux de matière grise, j’ai cru qu’elle était en train de mourir », a-t-il ajouté.

Michelangelo Fournier était donc ce policier, signalé à l’époque par une douzaine de témoins, qui avait enlevé son casque et qui hurlait en vain : « Assez, assez. » Pourquoi des aveux aussi tardifs ? « Je n’en ai pas parlé par esprit de corps et amour de la patrie », a-t-il répondu aux juges, expliquant que, « issu d’une famille de policiers », il n’avait pas voulu « causer de tort à l’administration ». Toutefois, cette fameuse « nuit des matraques », comme l’a baptisée la presse, « je l’ai portée comme une croix pendant six ans », avoue-t-il.

MORT D’UN MANIFESTANT

Ce coup de théâtre modifiera-t-il la donne d’un procès au cours duquel prévalait la loi du silence parmi les prévenus ? Plusieurs personnalités politiques de gauche ont aussitôt réclamé au gouvernement la constitution d’une commission d’enquête et la démission de la haute hiérarchie de la police.

La polémique n’a jamais cessé sur les agissements des forces de l’ordre lors du G8 de Gênes, où 15 000 policiers faisaient face à quelque 300 000 militants antimondialisation. La mort d’un jeune manifestant, Carlo Giuliani, tué par un carabinier lors d’une échauffourée, a été classée sans suite en 2003.

Parallèlement au procès des 28 policiers de l’école Diaz, 45 carabiniers comparaissent également devant le tribunal de Gênes pour des violences présumées à l’intérieur d’une caserne où 250 manifestants avaient été conduits.

En Italie, une justice ambiguë
Par Salvatore Palidda

Onze ans après le G8 de Gênes, la justice italienne vient de rendre ses derniers jugements, sévères avec les manifestants, mais pas avec les policiers accusés de violences. Salvatore Palidda, professeur de sociologie à l’université de Gênes, démêle l’écheveau des responsabilités et les stratégies mises en place dans le traitement judiciaire des événements.

Tout le monde se souvient des violences, abus de pouvoir et tortures de la part de nombreux agents de police contre des manifestants, lors du G8 de Gênes, ainsi que des violences de la part des soi-disant black bloc. Onze ans après ces 20 et 21 juillet 2001, la troisième instance de la justice italienne vient de rendre un verdict définitif contre des policiers accusés des passages à tabac envers les 93 manifestants qui dormaient dans l’école Diaz, puis, juste après, un second verdict contre dix manifestants inculpés de « destructions et pillages » et accusés d’être responsables des « dévastations » de la ville et de la mise en grave danger de l’ordre public.

Suivant le schéma adopté dès le début, le traitement judiciaire du G8 de Gênes a donc cherché à donner une image d’équilibre, condamnant à la fois les policiers et les manifestants.

Mais en réalité ces deux sentences (et même les autres) sont extrêmement déséquilibrées. Voici pourquoi:

1) Les plus hauts responsables de l’ordre public à Gênes n’ont pas du tout été touchés. Le chef de la police d’alors, Giovanni De Gennaro, a continué à progresser dans une carrière plus que brillante, jusqu’à devenir le chef de tous les services secrets du pays, et aujourd’hui sous-secrétaire d’Etat du gouvernement Monti chargé de ces services. Dans une position toujours très puissante, grâce aux soutiens de personnalités de poids à gauche comme à droite, il a même pu changer les règles des carrières dans la police, afin de favoriser les siens et de mettre en quarantaine ceux qui ne partageaient pas ses méthodes.

2) La quasi-totalité des policiers, et notamment les carabiniers, responsables des désordres de rue et même de destructions et dévastations considérables (faits largement documentés dans des centaines d’images, de vidéos et même par des témoignages lors des procès) n’a même pas été incriminée. En particulier, on trouve des preuves flagrantes de la provocation des désordres et destructions par l’attaque absolument illégitime, par les carabiniers, du cortège autorisé et pacifique des soit-disant «tute bianche» (noglobal) ainsi que d’autres manifestants, y compris enfants, personnes âgées, bonnes sœurs et religieux (1).

3) Les policiers condamnés pour les violences de la Diaz – à des peines relativement légères – ne passeront même pas un jour en prison et probablement trouveront comment ne pas payer les frais de justice ni les dommages aux victimes ; ils ne seront pas non plus contraints de rembourser les salaires des postes de très haut niveau auxquels ils ont été promus au cours de ces onze années, tout comme ne seront pas sanctionnées les autorités de police et les gouvernements qui les ont protégés et même aidés dans de surprenantes progressions de carrière, alors qu’ils étaient poursuivis pour des délits graves (mais en Italie la torture n’est pas encore prévue par le Code pénal, et donc elle est considéré comme de simples «coups et blessures», ce qui entraîne la prescription des peines très légères prévues pour ce genre de délit). En effet, la seule peine qui les frappe est l’interdiction d’exercer toute fonction publique pendant cinq ans, ce qui a entraîné leur démission de leurs fonctions – pour certains, la direction de secteurs des services secrets et d’unités spéciales de la police d’Etat.

4) En revanche, les dix manifestants, seuls inculpés de tous les « dévastations et pillages » (certains d’entre eux ont même avoué, mais ils ne faisaient pas partie du black bloc) ont été condamnés à des peines très lourdes (de 6 à 10 et même 13 ans de prison). Des condamnations rarement prononcées envers des personnes coupables d’homicide ou d’autres délits très graves, alors que les manifestants ne sont accusés que d’avoir brisé des vitrines, attaqué des distributeurs de billets (sans succès) et commis quelques autres actes dits de vandalisme, mais sans jamais avoir mis personne en danger, ni avoir attaqué des policiers.

Il est donc évident que le but de cette stratégie judiciaire a été d’arriver à des sentences exemplaires, souhaitées probablement par la quasi totalité des autorités de l’Etat et du Parlement (de droite à gauche) avec en tête ceux qui sont notamment assez proches des forces de police. Il apparaît évident qu’il y a là une volonté de confirmer la logique de la « tolérance zéro » qui domine depuis plus de vingt ans, d’autant plus que les autorités craignent une escalade des révoltes, à cause de l’appauvrissement provoqué par l’actuelle gestion de la crise financière.

Ce qui s’est passé au G8 de Gênes ne fut pas une banale succession d’erreurs et d’actes maladroits de la part des policiers et de violences programmées par le Black bloc ou les “no-global”. Ce fut la tentative (tenue en échec par des années de dénonciations venues des manifestants victimes) d’expérimenter une gestion militarisée de l’ordre public. C’est-à-dire un plan précis qui aurait voulu écraser, par le recours à la violence la plus brutale et les coups montés, une protestation qui était en train de devenir trop populaire et mondiale et que les grands pouvoirs du monde ne voulaient plus tolérer. C’est pour cette raison que les quelque trois cents personnes du Black bloc ont été laissées libre de casser, alors que les policiers disposaient des forces et des moyens de les arrêter tout de suite. Mais ainsi, les autorités ont pu utiliser les destructions (en tout cas assez symboliques) ainsi causées pour légitimer leurs violences. A noter qu’aucun manifestant n’était doté d’arme à feu ou tranchante, et que personne n’a cherché à attaquer ni à désarmer les policiers, alors que ceux-ci n’ont pas hésité à tirer sans soucis sur la foule ou lancer à toute vitesse leurs blindés dans sa direction. Voilà pourquoi tous les chefs de la police (sauf les rares qui montrèrent leur désaccord) ont été récompensés avec des promotions difficilement imaginables dans n’importe quel autre pays, même “ démocratique de façade ”. Mais en Italie, on peut se permettre de se foutre même des apparences (depuis le fascisme jusqu’à Berlusconi). Ainsi prévalent l’arrogance, le culot, et surtout la possibilité de faire et défaire ce que le plus fort veux; il suffit, basta, que quelques chefs des forces de police, des forces militaires et d’autres institutions accumulent les bonnes relations d’amitié-protection, même par le biais de dossiers secrets, avec nombre de personnalités de premier plan, y compris du Vatican et de la finance. En effet, depuis l’époque fasciste, ce pays n’a pas cessé de connaître des tentatives de coups d’Etat, de complots, de meurtres, alimentées aussi par des fractions des services secrets et des pouvoirs nationaux et transnationaux, y compris les mafias.

Ce n’est pas sur le terrain de la lutte contre les mafias, le terrorisme, la corruption, l’économie souterraine (qui en Italie atteint 35 % du PNB) ni pour la défense rigoureuse de la res publica, que les responsables policiers qui ont défendu l’honneur de leurs collègues responsables des violences les plus lâches et même de torture contre les manifestants anti G8 de Gênes ont appris leur métier. Ils l’ont appris pendant des décennies passées à pratiquer tout autrement que ce que prescrit depuis 2001 le Comité des Ministres du Conseil d’Europe (le “Code Européen d’Ethique de la Police”, CEEP, pas encore adopté par l’Italie, qui n’a pas adopté non plus les normes contre la torture).

Or, si cela a été possible dans ce pays à la Constitution si démocratique, c’est parce que la majorité parlementaire et les gouvernements qui se sont succédé, du centre gauche à la droite, ont continué à cultiver des relations de complicité avec les hiérarchies policières et militaires pour couvrir toutes sortes d’affaires oscillant entre licite et illicite. Ce fut Giuliano Amato, jadis bras droit de Bettino Craxi, qui choisit De Gennaro comme chef de la police d’Etat alors qu’il n’était pas le candidat plus coté ; et ce fut Luciano Violante, alos sénateur, et Massimo D’Alema, qui soutinrent avec force ce choix (aujourd’hui, le député Marco Minniti, leur disciple, est aussi chef de la Fondation ICSA –études pour la sécurité et la défense– qui réunit dans son comité directeur toutes sortes de représentants de services secrets, policiers et militaires). Depuis l’arrivée au pouvoir de la police de M. De Gennaro, on a vu proliférer les promotions de fonctionnaires de police au rang de préfet du gouvernement, et on a assisté à une progressive militarisation de toutes les polices –et même des pompiers et des polices municipales, car le recrutement est réservé à ceux qui ont été volontaires pour trois ans dans les missions militaires en Somalie, Irak, Kosovo, Afghanistan etc.

Dernière remarque: il apparaît assez emblématique qu’au cours de ces vingt dernières années, les cas de corruption, abus, violences et autres délits concernant des policiers aient augmenté au point qu’on peut estimer leur taux à environ dix fois plus que parmi la population masculine âgée de 18 à 65 ans. De même, le taux de parlementaires incriminés pour les délits les plus divers atteint presque trente fois celui de la population masculine adulte. Le gouvernement Monti a promis rigueur, lutte sérieuse contre la corruption et la fraude fiscale. Mais les polices italiennes (publiques et privées, nationales et locales) sont-elles en mesure de satisfaire cet objectifs? Ou bien sont plus zélées avec les faibles, les manifestants, les roms, les immigrés, voire les victimes prises pour bourreaux ? Qui va engager un véritable plan d’assainissement et de rationalisation démocratiques de ces polices, tout comme des forces militaires et en général de l’administration publique, puisque le niveau de l’économie souterraine, de la corruption et de la fraude fiscale n’a pas d’égal dans les pays européens? Cependant, comme de nombreuses recherches comparatives l’ont montré, l’Italie est le pays où le coût de la sécurité –publique et privée– par habitant est le plus élevé.

Mais cela n’a servi qu’au business de certaines entreprises et aux carrières de certaines personnalités. Les vraies insécurités qui frappent la population la moins protégée ne sont pas combattues; c’est le cas du travail au noir et semi-noir, des accidents du travail, de la pollution, de l’élimination illicite des déchets toxiques et des dommages causés par les éco-mafias, avec pour conséquence la diffusion des cancers. La crise économique semble favoriser les économies souterraines, tandis que les abus de pouvoir se répandent à cause de l’érosion croissante des possibilités d’action politique de la majorité de la population. L’asymétrie du pouvoir qui s’est imposée au cours de ces vingt années de succès du néo-libéralisme (y compris dans les rangs de la gauche) a assuré l’impunité aux hiérarchies policières ainsi qu’à la plupart des acteurs dominants de tous les secteurs, alors que la possibilité de défense de la part de la population s’est affaiblie. Comme dit Boltanski, « il faudrait admettre que les institutions sont sans fondement et que le pouvoir qu’elles exercent repose sur un lieu vide. La cause de la critique, c’est la cause de la démocratie ».

(1) Voir la documentation et les vidéos sur le site http://www.processig8.org
ainsi que dans le documentaire « OP Genova 2001 ».

O.P. – Ordre Publique Gènes – G8-2001- Vostfr…
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