Masculinisme et patriarcat à la FA ? Démission de 2 anarcha-féministes de la FA, historique des déclarations et articles

Retour sur les évènements :
1 -Article de Roger Dadoun
2 -Contre article d’une anarcha-féministe
3 -Démission de 2 anarcha-féministes de la FA

1 -Article paru dans le Hors-série du Monde Libertaire de mars-avril 2013

« L’“Hystère”, un universel. Cas DSK, chambre 2806, Hôtel Sofitel, New York Roger Dadoun Philosophe, psychanalyste

« On ne saura jamais… », disent-ils. Cette bonne blague ! À peine le chèque signé, qui donna lieu à élucubrations, enchères, calculs, cafouillages et mystères de toutes sortes, le chiffre tombe, après quelques jours d’investigations et de confidences : à peu près un million de dollars d’indemnités accordés à Mme Diallo (30% – au moins – iront à ses deux avocats), pour que tombe, clôture définitive exigée, l’accusation d’agression sexuelle portée par la femme de chambre de l’Hôtel Sofitel, New York, contre DSK. Le rideau est-il tombé, avec le chèque et l’accusation, sur cette “ténébreuse affaire” ? Ce serait oublier que celle-ci ne tient, si l’on ose dire, qu’à un fil, à une proposition sexuelle qui demeure, en quelque façon et en dépit des marées et marécages de commentaires, le point aveugle et aveuglant de toute la construction juridique et médiatique. On imagine aisément que les fouilleurs de sexe médiatique ne lâcheront pas de sitôt une si bonne occase, et d’aussi succulentes proies. (Une “cochonceté” vient, à l’instant, de le confirmer).

Une “incidence” sexuelle

Il s’agit vraiment de si peu de chose – de cette chose qu’on nomme « la chose”. Rien n’est plus simple, plus concret et plus précis que ce qui s’est passé dans la chambre 2806 de l’Hôtel Sofitel de New York : “la chose” est un acte de fellation accompli vite fait entre un client, DSK, et une femme de chambre, Mme Diallo. Les deux protagonistes n’ont livré là-dessus que peu de détails – suffisants cependant, vues la brièveté et l’économie du geste, pour “imaginer-réaliser” ce que fut cette “rencontre” ou “circonstance” inattendue, qui appelle la qualification d’“incidence”. Fellation incidente, à la sauvette : le client sort en nudité d’humeur légère de sa douche, à effet peu ou prou érotisant ; l’employée pénètre à ce même moment (maladresse, erreur, X ?) dans la chambre ; deux corps (plutôt que deux personnes) se retrouvent face à face ; [ici, suspens, laps de temps X, le seul susceptible d’être qualifié du gros mot de “mystère”, noué en version contradictoire : elle vient à lui ou lui à elle ?] ; la femme suce le sexe de l’homme ; gouttes de sperme s’éparpillent ; les deux corps se séparent, s’éloignent immédiatement. L’incidence n’a duré qu’à peine quelques minutes : 12h06 à 12h13, samedi 14 mai 2011. Soit, à quelques secondes près, le même temps qu’il aura fallu au juge civil pour articuler sa décision d’un accord financier et de confidentialité entre les deux parties, qui met fin à toute ultérieure investigation ou reconstitution (motion pulsionnelle forclose, pour l’homme, et bouche cousue, pour la femme !).

L’occultation généralisée de l’“incidence” (ce qui s’est réellement passé entre deux personnes réelles) au bénéfice de l’“affaire” (brouillage et placage de jugements, approximations, mensonges, interprétations, projections-identifications, envies-frustrations de toutes sortes) est patente et persistante. Que n’aurait-on appris, imaginons-le, si l’on avait pu procéder à une reconstitution judiciaire de ce moment-clé, qui se distingue comme l’unique temps fort et incontournable de toute l’“affaire” ? Se seraient dégagées, dans leur automatisme, les positions exactes des protagonistes et leurs congruentes motivations : regards, parcours et évolution des corps, gestes des mains, jambes et têtes, polarisation sur le sexe, bouches et paroles éventuelles – bref, sur les sujets et objets en relief, passerait quelque chose comme une lumière rasante, à ras de réel, sur ce qui se fait là. On tiendra compte, d’emblée, du cadre, en dur, de l’Hôtel Sofitel, et, en mou, de tous les personnels concernés (hiérarchie allant du directeur à Mme Diallo). La chambre 2806 a livré des traces d’ADN de plusieurs personnes différentes. Un Hôtel est un lieu où l’on ne fait que passer : c’est le royaume, tous sens confondus, de la “passe”, ici exactement nommée (à distinguer, donc, de la “passe” lacanienne didactique). Faut-il rappeler qu’à l’échelle de la planète, ce sont des torrents de sperme et autres sécrétions que l’hôtellerie envoie dans bidets, lavabos et laveries ? Qu’un certain personnel, féminin et masculin, en contact charnel constant indirect avec le client, ait quelque chose à y voir, et plus qu’y voir, il ne saurait en aller autrement. [Dans un court texte inédit de 1930, que m’avait remis Youki Desnos et que j’avais publié dans la revue Simoun, Oran, 1956, le poète Robert Desnos rapporte quelques scènes piquantes qui se déroulent, précise-t-il, “dans un palace des environs de la place Vendôme”, Paris 1er – livrées et vécues par un des “Garçons d’étage” de sa connaissance.]

“Passionné” contre “Apathique” – EAS vs nEnAS

L’acte de fellation chambre 2806 associe deux personnes. L’accent a été mis, quasi unanimement, sur leur statut social : un homme, parmi les puissants du jour, riche, quasi “invulnérable” et s’appréciant tel, se voit confronté à une “faible” femme, peut-être illettrée, taillable et corvéable à merci. Ce contraste exemplaire, cette spectaculaire opposition ont retenu la curiosité publique, et suscité des manifestations ad hoc. Or, dans le bref moment X du déroulé de l’acte, ce sont avant tout, de prime abord, deux structures caractérielles, dans leurs projections corporelles, qui sont en présence et se jaugent et se heurtent. Elles s’opposent radicalement. Recourons ici, avec toutes les réserves d’usage, à la classification du philosophe Le Senne (Traité de caractérologie, 1945). DSK apparaît comme étant du genre dit “Passionné”: Émotif-Actif-Secondaire (EAS) – fonceur, impérieux, impatient, Moi “surdimensionné”, à conscience “étroite” et avidité libidinale. Tout au contraire, Mme Diallo se range aisément dans la catégorie dite “Apathique” (le choix des appellations par Le Senne est discutable, chargé de connotations moralisatrices) : non-Émotive, non-Active, Secondaire (nEnAS), caractère plutôt passif, à conscience “large” et mollesse libidinale, se pliant aux ordres et volontés d’autrui, facile à exploiter, manipuler, séduire, abuser (il faut voir comme son avocat la pilote, la commande, la traite – il est du type contraire : “Sanguin”, non-Émotif- Actif-Primaire (nEAP), généralement caractérisé par une impatiente voracité et peu soucieux d’exigences éthiques.

C’est sur le type “Apathique” que s’exercent le plus souvent les abus d’autorité et délits d’influence. Caractérologiquement parlant, DSK n’aurait pas eu besoin d’en venir aux mains (comme le prétend l’accusation d’“agression sexuelle” – l’unique délit dont il eut à répondre) pour obtenir de Mme Diallo un consentement qui correspondrait plutôt à une forme quasi socioprofessionnelle de soumission (spontanée ou commanditée ?). Il suffit en effet d’un moment de surprise, éruptif, pressant, quasi mécanique, pour qu’un passage à l’acte, un acting out advienne. Le client aurait-il eu recours, par delà la dimension caractérielle, à une agression caractérisée – Mme Diallo aurait été, croyons-nous, en mesure d’y résister et de la repousser par sa seule et opaque présence physique (a-t-on évalué son poids ?) : femme forte et placide habituée aux travaux de force (à quelle heure a-t-elle pris son service ?), face à un homme massif certes (quel poids ?), qu’encombrent et son propre poids et sa nudité (la chambre 2806 n’est pas le Jardin d’Eden) et la précipitation même de l’incidence, inévitable dans un lieu à risque. En pareille occurrence, seule une reconstitution bien ordonnée aurait permis d’apprécier la vraisemblance et l’adéquation des versions, “vécus” et “ressentis” des deux sujets.

Miettes d’hystérie : les Hystères

La mécanique caractérologique, combinaison de facteurs élémentaires (Émotion, Action, vivacité ou lenteur des réactions), reçoit sa consistance concrète et charnelle des viscosités libidinales et tissus sociaux qui l’enveloppent. C’est pourquoi il convient de se tourner, en l’occurrence, vers une modalité psychologique aussi originale qu’apparemment “dépassée”, celle qui fut à l’origine de la psychanalyse* (Études sur l’hystérie, de Freud et Breuer, 1895) et qui, depuis, plus ou moins banalisée et tombée en désuétude, tend de plus en plus, du fait notamment des frénétiques pressions médiatiques, à occuper une place privilégiée dans l’analyse tant individuelle que collective : l’HYSTÉRIE. Freud avait souligné, contre la dogmatique médicale, qu’elle concerne autant les hommes que les femmes – nous dirions aujourd’hui, au vu de l’évolution sociale : plus les hommes que les femmes (qui fournirent cependant, à son époque, avec l’emblématique cas Dora, l’essentiel de ses matériaux – conduits, semble-t-il, avec maladresse et confusion). L’hystérisation aujourd’hui généralisée des réactions, discours et comportements est patente, effare. Comment, pour rester au plus près, au ras des expressions, ne pas prendre en compte ces innombrables, brèves et moléculaires motions hystériques (mimiques, gestuelles, lapsus, dérapages, “petites phrases”, mots excessifs, mensonges, éclats, tons, couacs, dénis, etc.), dont nous sommes tous les cibles, les patients et agents et témoins quotidiens, et qui sont comme les précipités, portés à terme, amorcés ou avortés, d’une “libido flottante”, “nomade”, sur-sollicitée, déroutée ? Ces motions, bouffées asthmatiques d’énergie libidinale, aussi imprévisibles et passagères qu’ordinaires et omniprésentes, peuvent – ramenées à de plus modestes dimensions (petits “faits divers” de la libido), et pour préserver une continuité psychique, anthropologique et lexicale – être nommées “HYSTÈRES”. Cette notion, qui fragmente l’hystérie en miettes ou molécules affectives-motrices-idéologiques, se révèle remarquablement opératoire pour l’observation et l’analyse des innombrables manifestations et expressions publiques dont regorgent les médias, télévision en tête (en « têtes », littéralement et spectaculairement parlant).

Aussi truffée soit-elle de rumeurs, mensonges, calomnies, haines, manipulations politiques et infiltrats idéologiques en tous genres, l’“affaire” du Sofitel ne tient donc, insistons-y, qu’à un fil, qu’à un unique point de capiton : le simple et fugitif hystère de l’homme DSK, c’est-à-dire un accès de brusque frasque libidinale qui s’empare du sujet et s’engouffre dans la voie fantasmée d’une gratification inattendue, immédiate et rapide, qui prend soudain corps, et qui aurait pu (qui aurait dû – une simple petite semonce de conscience suffisait), à peine profilée, s’évanouir. L’accablement dont a fait montre DSK dans les premiers moments de l’“affaire” prend sa source, probablement, dans l’intuition ravageante de cet hystère qui a subitement “pris” – alors même que le moindre ressac de réalisme l’aurait réduit à néant, comme cela nous arrive à tous et à tout moment. Serait-il légitime de porter ainsi ce cas d’espèce à l’échelle de l’universel, et d’avancer, “Malaise dans la civilisation”, que nous sommes tous des hystériques ou – pour écarter ce terme trop chargé d’idéologie psychiatrique – des portefeuilles d’hystères ? Dans nos sociétés d’actionnaires en tous genres, nous sommes tous porteurs ou bardés d’hystères, constitués (sous institutions) d’actions et réserves affectives, réactionnelles, fantasmatiques, fluctuant inévitablement au gré des finances, pouvoirs, modes et modèles – hystères dont les médias font leurs choux gras, “graillons” ou“graille”, ayant pour finalité, mercantile, de les exhiber, exploiter, exacerber, eux-mêmes les pratiquant et les trafiquant à outrance, dans un brouillage généralisé, universel. Chercher donc l’hystère – avant que d’évoquer on ne sait quels ténébreux mystères, ou autres pompants ou prothétiques clystères du sexe.
* Cf. Roger Dadoun, Freud, Belfond, 1982. L’érotisme. De l’obscène au sublime, PUF, 2010. »

2 -Réponse parue le lundi 18 mars 2013 par anonyme, sur Indymédia

« La Fédération Anarchiste affiche au grand jour son discours masculiniste ?

Le Hors-série du Monde Libertaire de mars-avril 2013 sur l’éducation cache dans ses pages une perle du masculinisme français. Roger Dadoun, professeur émérite des universités et enseignant à Paris 7, nous gratifie d’une analyse crypto-freudienne du viol de DSK sur Nafissatou Diallo. A grand renfort de théories fumeuses et de mots compréhensibles uniquement par des bac+12, il remet en cause le viol commis par DSK. Ses idées sont claires ; non seulement le viol n’en était pas un, c’était seulement une « frasque libidinale », mais il met en scène cet acte d’horreur avec des mots crus dignes d’un film pornographique. Sans rien envier à Eric Zemmour ou Alain Soral, il explique et justifie le viol par une soi-disant féminisation de la société et des hommes (qu’il nomme « hystérisation »). Les hommes vivraient des « hystères » ou moment d’hystérie qu’ils ne semblent pas pouvoir contrôler ….

Le viol : Erotisation et Déni

« Ce n’est pas un viol, c’est une frasque libidinale » Roger Dadoun réussi un tour de force lorsqu’il nous parle du viol de DSK sur Nafissatou Diallo. Il débute son texte en affirmant que ce qui s’est passé ce jour là est on ne peut plus concret et précis ; c’était un « acte de fellation consommé » entre un client et une femme de chambre. Durant toute son explication, les mots « viol, violeur, rapport forcé, domination masculine, agression, victime, non-consentement, violence … » n’apparaissent dans le texte. L’agression sexuelle est même (re)qualifiée en « relation consommée, geste, rencontre ou circonstance inattendue, fellation incidente, prétendue agression sexuelle, frasque libidinale … » tandis que le violeur et sa victime sont appelé-e-s « protagonistes » ou « client » pour DSK, faisant planer le doute entre client de l’hôtel et client d’une prostituée. Dans cette atmosphère nauséabonde, pourquoi parler d’un viol sans le nommer ? Pour montrer qu’il n’existe pas.

Le fantasme du (faux) viol Le viol est décrit comme le fantasme d’un mauvais film pornographique. Le cadre d’une chambre d’hôtel est posé, « lieu de passage : règne de la passe ». Les mots « passe » et « client » relevant clairement du vocabulaire de la prostitution. Le personnel, homme et femme, a un « contact charnel constant indirect avec le client ». Dans le film de Roger Dadoun, « le client sort en nudité d’humeur légère de sa douche, à effet peu ou prou érotisant » et l’employée « pénètre » à ce moment dans la chambre (le doute laissant penser qu’en face de lui c’est une employée/prostituée qui joue sur la double facette de la soubrette sexy). Et là ce ne sont plus deux personnes, mais deux corps, selon l’auteur, qui vont faire une rencontre. Il les voit comme face à face, suspendus dans un « temps X » qu’il qualifie de mystérieux, et se demande « qui fait le premier pas ». Il se questionne sur leurs motivations concordantes, sur ce que font leurs mains, leurs têtes, leurs bouches. Puis « la femme suce le sexe de l’homme », quelques gouttes de sperme en sortent. Cela a a duré quelques minutes. Dans son fantasme malsain, il érotise le viol. Il en fait un événement racontable sans aucune conséquence, à part celle de susciter l’excitation. L’homme sort de la douche, il est comme surpris par la situation. C’est la femme qui est active, qui pénètre et déclenche la scène par sa présence. La victime devient coupable et le violeur est une figure passive. Les rôles sont inversés : le viol se transforme en une jolie scène érotique où l’homme est surpris par une femme qui jouerait un rôle ambigu de soubrette/prostituée.

Un viol n’est pas une jolie scène érotique Faire croire que c’est joli, c’est le banaliser et l’accepter

« Si c’est une prostituée, ça n’est pas un viol » DSK est vu comme un client, on ne sait s’il s’agit d’un client d’un hôtel ou d’une prostituée. Et si DSK est un client, Nafissatou Diallo n’était elle pas une employée/prostituée volontairement ambiguë ? Roger Dadoun utilise le doute sur le pseudo-rôle de prostituée pour faire douter de la pertinence et de l’évidence du viol. Si c’est sur une prostituée, est-ce vraiment un viol ? N’est-ce pas son travail ? Rappelons à l’auteur que la réalité n’est pas un mauvais fantasme de Canal+ et qu’une employée d’hôtel n’est ni plus ni moins que ce qu’elle paraît être : une employée d’hôtel. Rappelons lui encore plus fortement que sur une employée ou une prostituée, le viol n’est pas caractérisé par le travail de la victime, mais par l’acte du violeur.

Quand une femme ne dit pas oui, c’est non. Quand une femme dit non, c’est non.

« Elle aurait pu se défendre » L’auteur ose même prétendre que vu sa stature, Nafissatou Diallo aurait pu repousser DSK (donc empêcher ce qu’il appelle sa « prétendue agression »). Elle est présentée comme une « femme forte », habituée aux travaux forcés et « en mesure de résister ». Pire, il se pose la question de son poids, qu’on aurait alors pu comparer à celui de DSK, afin de savoir si effectivement elle aurait pu le repousser … Le degré zéro de la réflexion est atteint. Nafissatou Diallo est présentée comme un stéréotype raciste de femme noire bien charpentée par le labeur domestique et « peut-être illettrée ». Cette question sur son poids est mysogine et anti-grosse ; si elle est trop mince, elle ne peut résister mais si son poids est suffisant, elle acquiert une position de force pour repousser l’agresseur. Tout est résumé à une domination physique, niant volontairement le conditionnement patriarcal que subisse les femmes sur la notion de consentement.

D’un acte précis au doute affirmé Alors que le début de l’article affirme cet acte comme « concret et précis », la teneur n’est plus la même dans les dernières lignes. Revirement de situation, l’auteur affirme alors que « seule une reconstitution bien ordonnée aurait permis d’apprécier la vraisemblance et l’adéquation des versions et vécus des deux sujets ». Bien sur, organisons des reconstitutions avec le violeur et la victime, pour qu’elle revive une deuxième fois son viol. On aurait du y penser avant …. Enfin, cet acte qui « n’est plus un viol » mais juste un « acte sexuel entre deux corps », est replacé dans un contexte plus large : Faut-il rappeler qu’à l’échelle de la planète, ce sont des torrents de sperme et autres sécrétions que l’hôtellerie envoie dans des bidets, lavabos et laverie ? Et oui, pour Roger Dadoun le contexte n’est pas celui d’un violeur en série qui a fait l’objet de plusieurs dénonciations (celle de Tristane Banon et d’une prostituée du Carlton de Lille pour les plus connues) mais il est noyé parmi tous les actes sexuels qui se passent régulièrement dans les hôtels (viols ou relations consenties, l’auteur ne pose même pas la question,).

« A-t-elle vraiment voulu dire non ? » Mais la vraie question que se pose l’auteur est celle-ci : la victime a-t-elle vraiment voulue dire non ? Selon l’auteur, si elle l’avait fait, elle aurait pu, vu sa masse, repousser un homme qui n’aurait sans doute pas osé lui courir après dans les couloirs de l’hôtel à moitié nu. Il décrit le viol comme un acte isolé et spontané, comme une rencontre fortuite de deux corps dans l’espace. Il le vide ainsi de son contenu. Il nie la difficulté de dire « non » lorsque l’agression arrive. Il nie les autres agressions dont DSK est l’auteur. Le viol est acte patriarcal dans toute son horreur, qui dépossède les femmes de leur autonomie et de leur corps, mentalement et physiquement. C’est un homme qui s’imagine qu’une femme ne peut lui dire non. Et que même si elle dit non, elle pense oui. Il faut juste la forcer un peu pour lui donner envie. Le désir n’a pas à être réciproque. L’appétit vient en mangeant comme on dit. Et si elle ne dit rien c’est forcément qu’elle était d’accord, qui ne dit mot consent. Sinon elle aurait fait en sorte pour ça s’arrête.

Le Discours Masculiniste

Après une première partie érotisante, Roger Dadoun affiche sa théorie masculiniste, celle déjà énoncée par Alain Soral ou Eric Zemmour. Si la société va mal, si les hommes peuvent commettre des « frasques libidinales » (autrement dit des viols), cela est du à une raison : la féminisation (ou hystérisation) de la société. Sous couvert d’une pseudo-théorie psychatrisante et néo-freudienne obscure, difficilement compréhensible, il développe l’idée que les hommes sont aujourd’hui plus souvent sujets à une « hystérisation des réactions », « imprévisibles et passagères » qu’ils ne peuvent contrôler. Et s’ils ne contrôlent pas ces moments « d’hystère », ils ne peuvent être ni condamnés, ni culpabilisés. Théorie déjà défendue par Marcela Iacub, journaliste-masculiniste de son état. Accusation envers les femmes, défense de l’ordre patriarcal et de ses privilèges, Roger Dadoun brille par son idéologie réactionnaire.

Néo-freudisme et féminisation de la société L’auteur recycle l’idée d’hystérie. Fortement connotée, cette notion signifie littéralement relatif à l’utérus, et reste dans les représentations collectives, une sorte de fureur agressive d’origine purement féminine. Ne dit-on pas d’ailleurs des féministes quelles sont des hystériques mal-baisées ? Et bien cet état psychologique (qui selon Freud concerne autant les hommes que les femmes), toucherait aujourd’hui plus « les hommes que les femmes selon l’évolution sociale actuelle ». Mais l’auteur ne nous en dit pas plus sur ce qu’est cette prétendue évolution sociale, ni pourquoi elle toucherait plus les hommes que les femmes. Le mystère reste entier …. Par contre, il nous explique très bien comment elle s’incarne : par des comportements comme les mimiques, la gestuelle, les lapsus, les éclats, les mensonges allant jusqu’à des « bouffées asmathiques d’énergie libidinale » (admirez le vocabulaire et l’envolée lyrique). Là aussi, on se ne sait absolument pas pourquoi elle toucherait plus les hommes que les femmes, ni d’où vient cette théorie et quelles en sont les preuves. Mais le fait est là : Roger Dadoun joue sur la représentation de l’hystérie comme comportement féminin qui serait une caractéristique aujourd’hui principalement masculine. Selon lui, il y a une inversion des comportements entre hommes et femmes. Il y a une perte des repères pour les hommes, qui développent des comportements « universels et caractérisés par les déplacements permanents de la libido », des réactions inattendues, brusques et limitées. Il y a là une justification de l’acte de DSK qui n’a pu contrôler « une envie sexuelle brusque » mais aussi une justification de toutes les formes de viol, puisque c’est un « phénomène psycho-social généralisé » et « universel ». Ce n’est pas seulement DSK qui n’a pas pu retenir son « hystère », ce sont aussi les autres violeurs qui n’ont pu se retenir d’un prétendu viol. Mais d’où vient cet « hystère » ? Pourquoi les hommes en souffrent ? Roger Dadoun le dit du bout des lèvres ; de cette fameuse évolution sociale qui place les hommes dans des situations où ils ne peuvent plus se contrôler. Comme dans l’idée machiste disant que les femmes sont instables car incapables de se contrôler, particulièrement lorsqu’elles ont leurs règles, les hommes sont devenus des femmes souffrant de moments « d’hystère ». La féminisation des comportements les empêche de se contrôler et les pousse à commettre l’irréparable. Le « simple et fugitif hystère de l’homme DSK » se résume donc à une frasque s’emparant de son corps et que sa raison n’a pu maîtriser. Bref, il recycle le cliché machiste de l’homme ne pouvant contenir ses pulsions sexuelles.

Justification du viol et négation d’un acte patriarcal A aucun moment le viol n’est replacé dans son contexte : celui d’un acte purement patriarcal. Roger Dadoun ne fait que discourir sur la pseudo-souffrance du violeur et tait intégralement celle de la victime. Seul l’homme, ses sentiments, son ressenti et sa souffrance compte. Il tente également de nous démontrer que le viol n’est pas la faute du violeur, parce qu’on est pas surE de ce qu’il s’est passé (Roger Dadoun n’a pas du lire le rapport médical), parce que si vraiment la victime avait voulu dire non, elle l’aurait sans doute fait (il n’a jamais eu à dire non à une agression sexuelle) et que même si viol il y a eu, DSK a été emporté par ses émotions, il ne s’est pas rendu compte de ce qu’il faisait et donc on ne peut pas le condamner. Pire, si les hommes commettent ces actes, c’est parce qu’ils deviennent des femmes, ce sont donc les femmes elles mêmes les fautives. Le succès du discours masculiniste Déjà très connu au Québec, le mouvement masculiniste est incarné en France par des figures tantôt littéraire comme Michel Houllebecq tantôt politique comme Alain Soral ou Eric Zemmour. Ces deux derniers se présentent comme des figures anti-conformistes et maudites (les tabous de la société les empêchent de s’exprimer) mais sont en fait largement popularisés par les médias (Internet, journaux, télé, radios …) et donc cautionnés par le pouvoir en place. Ils se revendiquent comme des « machos décomplexés ».

Eric Zemmour Eric Zemmour est le représentant d’une droite conservatrice et opposé au néolibéralisme. Son ouvrage, « Le premier sexe », est un essai sur la prétendue féminisation de la société. Il fait son fonds de commerce sur une idéologie anti-mai 68 et réactionnaire. Selon lui les femmes ont revendiquées la révolution sexuelle afin de devenir des hommes, dans leurs comportements et leurs manières de vire. Mais n’y étant pas parvenues, elles veulent transformer les hommes en femmes, d’où une fantasmatique féminisation de la société (on vivrait dans un monde quasi-matriarcale). Ajouté à cela un puissant discours homophobe où il considère « l’idéologie gay » comme étant l’un des principales facteurs de transformation des hommes en femmes. Selon lui, les différences biologiques entre hommes et femmes sont insurmontables et l’on ne peut parler d’égalité mais de complémentarité. Il veut le retour à une société purement patriarcale, où l’homme est la figure dominante et toute puissante dont la sexualité agressive est revendiquée et les femmes cantonnées à leur rôle de mère et femme au foyer. Il rejette donc en bloc le féminisme, qui n’aurait apporté que des désagréments pour les hommes et oubli des valeurs viriles traditionnelles.

Alain Soral Alain Soral plaide aussi pour une féminisation de la société, mais avec une grille de lecture pseudo-marxiste. D’abord adhérent au PCF, puis au Front National, il a finalement fondé Egalité et Réconciliation, une organisation de gauche nationale au discours antisémite et négationniste (et donc en réalité nazi). Il se dit sociologue sans avoir jamais suivi de cours ni obtenu de diplôme mais utilise ce titre pour acquérir une autorité intellectuelle. Selon lui, le féminisme bourgeois aurait volé le discours des femmes des milieux ouvriers. Il utilise une fausse distinction de classe pour faire croire à des revendications distinctes, niant les problèmes spécifiques tels que la contraception, l’avortement, le viol, les violences conjugales, la répartition des tâches …. Les féministes (bourgeoises) participent selon lui à la construction d’une société féminisée et comme chez Eric Zemmour, les différences biologiques sont le fondement de la catégorisation homme/femme (négation du conditionnement social). Les hommes sont naturellement plus musclés et forts et donc portés vers la violence, l’action, la chasse, tandis que les femmes sont des nées pour être femmes au foyer. Il ajoute que le viol est une pathologie pure qui se caractérise par une grande violence (avec un couteau, à six dans un parking) mais que le reste est un acte ambigu qui tient à la « spécificité du désir féminin, qui avance masqué et se ment à lui même » (la femme ne sait pas ce qu’elle veut, la majorité des viols sont des exagérations ou des désirs inavoués).

Roger Dadoun Roger Dadoun s’inscrit dans une logique différente, celle des « faux-amis ». De part ses fréquentations libertaires et de part son statut de prof de fac, tout porte à croire qu’il est « ami » des femmes et des féministes. Mais il utilise son pseudo-crédit intellectualo-gauchiste pour étaler sa répugnante idéologie masculiniste. Pour cela, il fait semblant d’avancer masqué puisque son analyse ne se revendique pas ouvertement du masculinisme, contrairement à Zemmour ou Soral. Mais son article sur l’affaire DSK est clairement l’occasion d’une théorisation de son idéologie masculiniste. Il ne se contente plus de défendre les violeurs mais fait le même constat que les deux autres cités : une société de plus en plus féminisée (à cause des femmes bien sur). L’anarcho-patriarcat

La question d’un tel article dans un journal libertaire avec la plus grande audience et disponible dans presque tous les kiosques n’est une erreur de parution. Tout simplement parce que Roger Dadoun n’en est pas à son coup d’essai. Sur son site internet ou dans le Monde Libertaire, il a déjà écrit plusieurs articles déplorables. Sur trois articles traitant de l’affaire DSK ou Polanski, il ne qualifie jamais les faits de viols, mais « d’acte ou relation sexuel-le ». Il discours beaucoup et sur tout (avec toujours un vocabulaire pornographique), mais jamais sur le viol en lui même. Pour le nier, mais aussi parce qu’il n’a, en fait, rien à en dire. Selon lui, il n’y a pas eu viol, donc autant écrire sur autre chose (comme son article Anthropologie libertaire de la fellation). Sa pensée s’affirme au fur et à mesure des articles. Pour Polanski, il s’était « contenté » de défendre un artiste tourmenté, marqué par le nazisme et le ghetto de Cracovie, puis rattrapé par une affaire de viol sur mineure. Pour l’affaire DSK, sa pensée nauséabonde s’est étoffée ; il ne défend plus seulement un violeur, il théorise et justifie le viol par une soi-disant féminisation de la société.

Un tel article dans les colonnes du Figaro serait problématique mais sans surprise. Dans celles du Monde Libertaire, cela pose la question de la place du féminisme au sein de la Fédération Anarchiste et plus largement du mouvement libertaire, mais aussi celle de la diffusion des idées masculinistes et donc de l’anarcho-patriarcat. Une telle tribune n’est pas un acte isolé. Non seulement parce que Roger Dadoun a déjà publié ses immondices dans le Monde Libertaire, mais aussi parce qu’au sein du mouvement anarchiste, dans les organisations, groupes ou collectifs, le féminisme (comme l’antispécisme) n’est toujours pas considéré comme une lutte centrale et fondamentale. La théorisation et la justification du masculinisme ne peuvent être acceptées.

Le patriarcat est toujours considéré non seulement comme un système de domination moins important que le capitalisme ou que la mouvance fasciste, mais surtout, cette domination ne concerne pas les anarchistes ou libertaires. Ceux-ci seraient une catégories d’hommes extraordinaires, que le conditionnement sexiste n’aurait pas influencé (ni pendant l’enfance ni actuellement) et dont le genre se serait déconstruit par miracle. Il est systématiquement plus facile de taper sur le sexisme de la droite, des flics, des patrons, de la religion, que de réfléchir à son propre comportement et à sa propre position socialement oppressive. Une idée persistante (bien que peu théorisée) est celle de l’effondrement du patriarcat en même que l’effondrement du capitalisme. C’est non seulement considéré qu’il faut relégué le féminisme à une lutte de second rang, mais aussi qu’elle doit être englobée au sein de la lutte des classes et de la lutte anticapitaliste, niant toute la spécificité de l’anarcha-féminisme. C’est aussi considérer que capitalisme et patriarcat sont deux dominations qui fonctionnent selon le même système avec les mêmes mécanismes et que leurs imbrications sont inter-dépendante (il suffirait de détruire le capitalisme pour détruire le patriarcat et chaque lutte contre le capitalisme est une lutte contre le patriarcat). Le patriarcat n’a pas besoin du capitalisme pour survivre et exister.

Le féminisme n’est ni reconnu comme une lutte spécifique, ni pris au sérieux par les organisations bureaucratiques et tout le milieu (dit) anti-autoritaire. Les outils féministes sont systématiquement oubliés ou rejetés, que ce soit la féminisation des termes, la nécessité de la non-mixité, les problématiques de violence (physique, verbale, du viol, du harcèlement par des « camarades ») dans les milieux autogérés ou encore la contraception et l’avortement. Le patriarcat existe dans tous les milieux, même ceux dits les plus autonomes et sa destruction doit être une priorité. Que ce soit dans les comportements, dans les textes et dans l’idéologie. On ne peut être anarchiste sans être féministe ou anti-patriarcale, car le nier, l’oublier, le refuser, c’est perpétuer son existence et donc perpétuer une domination.

Une seule nécessité : la non-mixité et l’autodéfense féministe

L’anarcho-patriarcat ne s’écroulera pas tout seul, sortons les ciseaux ! »

3 -La démission de deux anarcha-féministes de la FA

« Pourquoi deux anarcha-féministes démissionnent de la Fédération Anarchiste.
Posted on mai 23, 2013 by simone

Du 18 au 20 mai avait lieu le Congrès de la Fédération Anarchiste.

Nous avons décidé de nous y rendre, nous, deux femmes anarcha-féministes, pour y lire nos lettres de démissions.

Pour moi, parce que suite au contre article sur Roger Dadoun que j’ai publié sur Indymedia, j’ai subi un lynchage collectif sur la liste fédérale, révélant encore une fois l’anti-féminisme au sein de cette organisation.

Pour moi, parce que c’était inadmissible d’être complice du lynchage d’une femme de l’organisation parce qu’elle avait osé parler en dehors du cercle clos de la liste fédérale et parce que les pressions, les ordres et les leçons de morale que nous recevions montraient que d’anarchiste il n’y avait que le nom de l’orga.

Pour nous, car ensemble, on ne pouvait plus être complice de l’hétéro-patriarcat, des prises de pouvoir, de la hiérarchie et de la bureaucratie interne.

Ce congrès a été très difficile puisque nous étions identifiées comme les féministes qui avaient critiquées la FA de l’extérieur. Des conversations se sont arrêtées sur notre passage, des personnes ont refusées de nous parler, des personnes parlaient de nous devant nous comme si nous n’étions pas là.

La discussion en plénière sur le féminisme et l’anti-sexisme, une première dans un congrès de la FA, avait pour but de nous recadrer, nous les femmes qui l’avions trop ouvertes, en dehors des règles établies par l’organisation. Ce sont des femmes qui l’ont organisées, qui se disent anarcha-féministes mais aussi contre la féminisation des textes, qui ont participées au lynchage collectif sur la liste fédérale et qui refusent de voir le patriarcat au sein de la FA, qui existent pourtant depuis de longues années.

Pendant cette discussion, nous avons lu nos deux lettres de démissions. Nous avions des tee-shirts roses « Hystérique tant qu’il le faudra » et une banderole « Hystérica-féministes tant qu’il le faudra », tenue par deux camarades hommes, qui ont aussi quittés la FA par solidarité.

Pour certain-e-s notre démission est un échec mais pour nous c’est une victoire. Parce que pour une fois les hommes présents ont du rester assis sur leurs chaises pendant 1/2h tandis que deux femmes se tenaient debout, le micro en main pour leur dire ce que c’est être une femme féministe à la Fédération Anarchiste.

Nous avons quittées la salle après notre démission. Plusieurs personnes, hommes et femmes, ont aussi quittés la salle pour nous soutenir. D’autres sont resté-e-s pour intervenir en notre faveur. Sur une centaine, c’était peu, mais c’était inespéré pour nous.

Par la suite, une femme nous a dit que nous étions lâche, alors qu’il nous a fallu un courage incroyable pour oser venir et lire ces mots.

On nous a menacé publiquement de nous casser la gueule, on nous dit de nous casser, que nous n’avions aucune dignité, que nous devrions avoir honte, qu’on les avait sali. Toutes ces menaces et ces phrases, elles ont été prononcées par des hommes qui ne nous parlaient pas, mais qui parlaient aux deux camarades hommes qui nous ont soutenues. Des personnes ont refusé de manger le repas du soir préparé par la cantine collective parce que nous étions là, invité-e-s par les organisateurs.

De retours chez nous, le hasard veut que nos boites mail étaient été piratées. Un des camarades hommes qui nous a soutenu a reçu des coups de téléphones, l’intimant de « changer de trottoir » et que « ç’est une menace ».

Nous remercions les personnes qui nous ont soutenues, qui sont venues nous voir, qui nous ont invitées à rester et qui continuent à nous montrer leur solidarité. Ces personnes savent qu’il n’est pas nécessaire de les nommer personnellement, car elles se reconnaîtront. Ces personnes savent aussi qui sont les sexistes, masculinistes et les chefs informels de la FA auxquels nos textes s’adressent.

Parce que si un jour anarchie se fera, ce serait trop triste qu’elle ressemble à la Fédération Anarchiste Française.

hystericafeministes@riseup.net

LettreDemissionCamilleHippocampe

LettreDemissionCamilleLicorne« 

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