Skinhead Attitude – Daniel Schweitzer

Le réalisateur suisse Daniel Schweitzer est l’auteur de trois documentaires abordant les skinheads et leurs mouvements : Skin or Die (1998), Skinhead attitude (2003) et White Terror (2005). Dans ce documentaire en trois étape, Daniel Schweizer explore les méandres du mouvement skinhead, ou plutôt des mouvements, en s’appuyant sur des témoignages qu’il recueille en s’immisçant dans la vie de ces groupes underground.

On ne parle en effet pas de un mais de plusieurs mouvements. Derrière le mot « skinhead », la quasi-totalité de la population pense néonazis. Pourtant ceux-ci ne représente qu’une branche sombre du mouvement.

En effet, Skinhead Attitude (2003) explique au grand public l’origine trop peu connue du mouvement skinhead. On apprend que ce mouvement est né à la fin des années 60, en Angleterre, au sein des classes ouvrières. Les skinheads sont nés de la rencontre des rude boys, ouvriers jamaïcains travaillant en Angleterre, et des hard mods, de jeunes ouvriers anglais aux cheveux courts ou rasés.
Leur look vient tout simplement de leurs habits de travail : DocMarten’s, jean et bretelles.

Ils sont amateurs de ram jam, de soul et de ska, et son rythme syncopé. A ce stade, le mouvement est apolitique. Ce n’est que plus tard qu’une partie du mouvement vire progressivement à droite,
toujours plus à droite, et prend position. C’est le groupe Screwdriver, et son chanteur Ian Stuart, qui insère progressivement dans ses chansons des messages nationalistes, puis racistes et
néonazis. Un nouveau mouvement est créé. Celui des skinheads néonazis, appelés boneheads. Ils sont à l’origine du mouvement White Power, aujourd’hui mondialement représenté (enfin, surtout dans
les pays occidentaux), qui prône la suprématie de la race blanche.

C’est d’ailleurs par le versant néonazi que Daniel Schweizer s’est tout d’abords attaqué au sujet. En 1995, Skin or die explore le néonazisme au travers d’interviews de jeunes néonazis de Suisse, et du reste de l’Europe (Pologne, Danemark). On se rend alors compte que ces gens sont avant tout des jeunes gens en manques de repères, des ignorants en marge de la société, et d’une frange pas toujours subtile de celle-ci. Le réalisateur s’immisce alors dans les rangs des membres des mouvements Hammerskin, Blood and Honnor et sa section armée Combat 18 (C18).

En 2005, pour White Terror, le dernier volet de sa trilogie, Daniel Schweizer renoue avec l’extrême droite radicale et sans compromis. Il parcourt les rangs des Blood and Honnor qui s’organise pour la guerre raciale, de la Russie jusqu’aux Etats-Unis, en passant pas les pays de l’est, les pays nordiques et le reste de l’Europe. Avec internet, le mouvement s’organise et les sous-groupes nationaux communiquent. Aux Etats-Unis, des pactes d’alliances réunissent les skinheads, les milices nationalistes, les puritains d’extrême droite, le Ku Klux Klan, etc. Un regroupement idéologique s’opère naturellement dans le but de sauver la race blanche.

Dans ses reportages, Daniel Schweizer a réussi l’exploit de se faire accepter par des groupes parfois hostiles, dont il ne partageait pas du tout l’idéologie. Il réussit alors un autre exploit : celui de rester toujours objectif, alors qu’il devait être constamment révolté par ce qu’il entendait et voyait. Mais rien ne transparait dans ses reportages. Le principe même du journalisme je vous l’accorde. Cependant, tous n’arrivent pas toujours à respecter ces règles. Quoi qu’il en soit, Daniel Schweizer parvient à tenir son rôle de journaliste tout au long de ses trois documentaires d’un grand intérêt.

Source : http://masques-et-cinema.over-blog.com/

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