1808 la peine de privation de liberté et la prison manufacture

L'exemple de Clairvaux.

 

Clairvaux a toujours été un lieu d'enfermement, celui consenti des moines, puis celui contraint du système carcéral. Lieu d'Histoire dont on a qualifié l'occupation d'abusive, regrettant qu'il se ferme ainsi au public, mais se souciant peu de ceux qu'il enfermait.

 

Au 19ème siècle la prison est une prison manufacture.

En 1808, Napoléon décide de modifier le code de procédure pénal et il invente la peine de privation de liberté. Il n'y aurait pas les prisons d'aujourd'hui dans le monde entier si il n'y avait pas eu cette grande réforme née de l'influence des philosophes, la privation de liberté se substituant aux châtiments corporels.

C'est en s'appuyant sur la concession de beaucoup de tâches aux entrepreneurs privés que s'établit le système pénitentiaire moderne. Le système va vivre avec une économie de moyens du côté de l'Etat considérable puisqu'ils inventent cette prison manufacture.

Le système est le suivant, un entrepreneur utilise la main d'oeuvre de la prison, la paye théoriquement, il reçoit lui même une contribution pour faire vivre les détenus et cette force de travail il l'utilise pour en faire des travaux divers en particulier beaucoup d'industries textiles à Clairvaux. Evidemment il est chargé de les nourrir, de les soigner, les habiller, en théorie car le résultat sera dramatique parce que cette prison manufacture va être une tentation incroyable pour des industriels, et ça se termine par un des pires scandales du 19ème siècle, en 1847, 700 morts en 30 mois, les conditions de vie de la population pénale sont inhumaines: «La nourriture est infecte: légumes desséchés ou pourris, viande avariée fournie par un boucher qui abat clandestinement les bêtes malades de l’épizootie et introduit la viande de nuit dans la prison» L’alimentation n’est pas le seul objet de scandale. Les soins et les médicaments font gravement défaut. Le médecin de l’hospice de Clairvaux est mis en cause. Il renverrait les détenus malades de l’hôpital en prison afin que les entrepreneurs bénéficient du travail d’un maximum de détenus.

 

Cela doit servir de leçon quand on parle aujourd'hui du système concessionnaire dans la réforme des prisons, pour assurer non seulement l'apport de travail mais aussi la vie quotidienne.

 

Lidya Kilian, Clairvaux, 1935

 

 

Pour aller plus loin : Clairvaux et ses colonies agricoles d'enfants, Jean-Baptiste Peyrat

A écouter : La marche de l'Histoire, France Inter

 

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