Batskin ou l’art de communiq… manipuler

Le leader de Troisième voie Serge
Ayoub, reprend l’ancienne librairie Primatice, à Paris, et lance son journal, Salut public.

Retour sur une entrevue donnée en
2008 au site PAAM.TK

Je te laisse le soin de te présenter … 

Mon prénom c’est Serge, tout le monde me connaît plus communément, c’est d’ailleurs pour ça à mon avis que je suis interviewé aujourd’hui, sous un surnom de
Batskin, qui était en tout cas et qui me reste encore un peu. J’ai un peu plus de 40 ans. Je côtoie la rue depuis 1982, ça fait 26 ans, donc on peut dire que je commence à la connaître et à la
comprendre.

Dans un premier j’aimerais qu’on effectue un petit retour dans les années 80, quand et comment as tu eu le déclic pour te raser le crâne ?

C’est assez complexe, ça s’est passé en deux temps, il y a une partie qui m’est intrasèque, qui est issue de mon éducation et la deuxième qui est issue des
événements. Pour l’éducation, ma mère est fonctionnaire, mon père était fonctionnaire, mon grand père a fait 14 et 40, il a refusé de prêter serment à Pétain, il s’est engagé dans les Forces
Françaises Libres dès la fin de la guerre, il a cessé de se battre en Allemagne. Il avait visité l’Allemagne en 1935, mais ça ne l’a pas empêché de défendre son pays en 1940.

Mon grand oncle, quand les allemands sont rentrés dans Paris, a trouvé que la France était déshonorée et lui avec, donc il s’est suicidé.

Mon père a fait la guerre d’Algérie. Mon grand père était à la libre pensée, mon arrière grand père était un hussard de la république, c’est à dire qu’il était
instituteur. Nous sommes issus directement de la pensée socialiste républicaine des années 30,et ma mère étant assez âgée, elle est née dans les années 30, c’est le type d’éducation que j’ai
reçu. Donc voilà pour le background.

Sinon pour l’anecdote, j’ai été en Angleterre au tout début des années 80, j’y ai rencontré des skins, j’ai sympathisé avec et, quand je suis revenu, j’ai décidé
que dès que j’en aurais la capacité physique, je deviendrais skin. Musicalement ça m’a plu, j’ai découvert comme ça les Clash et Sham 69 et puis après le reste s’est fait petit à petit.

Ça voulait dire quoi pour toi être skin ?

Eh bien c’est un mélange pas inintéressant, il y a quand même une certaine punkitude, bon je sais que certains la réfute, mais beaucoup quand même viennent de là,
pas moi paradoxalement. Il y a aussi une part de provocation, vestimentaire, en attitude, en actes. La violence est un moyen d’expression mais c’est aussi une provocation. Comme les attributs,
les colifichets et autres pins qui accentuent souvent ce qu’on pense.

Quels souvenirs tu en gardes ? Le meilleur et le pire ? Des regrets ?

Je me souviens d’avoir surtout marché des heures durant, des nuits durant, d’aller d’un endroit à un autre en rigolant avec mes potes. Pas beaucoup d’argent,
beaucoup d’amitié. Voilà les bons souvenirs. Les mauvais c’est les gardes à vue à répétition, et encore, on a bien rigolé aussi. J’ai pas vraiment de mauvais souvenirs, parce qu’avec le temps la
mémoire efface tout ce qu’il y a de mauvais, et on ne se souvient que du bon, donc j’ai toujours un sourire quand j’y pense.

Et maintenant est ce que ça représente encore quelque chose pour toi les boots et la boule a z ?

Disons que j’ai quarante ans passés, je ne renie pas ce que j’ai été et je ne renie pas les skins . Si un skin est agressé quelque part, je me
sens solidaire, mais dans la perception des années 80, c’est à dire un skinhead provocateur, violent, bagarreur, patriote et nationaliste.

Tu écoutes encore des groupes de l’époque ?


Oui toujours un peu, Skrewdriver et quelques groupes comme ça. Skrewdriver parce que j’ai rencontré le chanteur, ce qui ne suffit pas pour
apprécier le groupe mais néanmoins ça le personnalise, mais aussi parce que musicalement je le trouve abouti. C’était quand même une évolution du mouvement skin cette musique. Bien sûr, il y a
les Cockney Rejects que j’écoute toujours avec plaisir, Blitz, Violators,… mais essentiellement Skrewdriver parce que c’est vraiment une évolution. C’est un excellent chanteur et le groupe n’est
pas mauvais, De l’époque il reste aussi Combat 84, enfin le 1er album, parce que j’ai écouté dernièrement le dernier album, j’aurais du mal à le suivre…



Et côté français quels rapports avais tu avec les groupes parisiens de l’époque? Les Evil ? Tolbiac ?


Tolbiac Toads, on a suivi tous les concerts, d’ailleurs nos deux bandes étaient assez soudées. Moi j’étais de St Michel, eux bien sur Tolbiac, on
faisait des actions communes, après on s’est séparés parce que la personnalité du chanteur des Tolbiac’s Toads ne nous plaisait pas.

A l’époque on était assez strict, on n’acceptait pas l’homosexualité, encore moins quand ça concernait des gamins donc on s’est séparés. À ce
niveau là ça a fait une fracture.



Tu vois encore les gars des Evil aujourd’hui ?


Non. Je voyais encore un petit peu P’tit Willy, mais c’est tout . De temps en temps je croise encore Bertrand, mais il est tellement loin des
Evil aujourd’hui qu’on ne peut pas dire que véritablement je rencontre « Evil Skins »



Et d’ailleurs t’écoutes quoi maintenant ?


Malheureusement avec le temps, j’ai de moins en moins le temps. Plus le temps avance, moins on a le temps, on a plus le temps et après c’est
fini… Si j’écoute avec plaisir Dropkick Murphys, de cette mouvance là c’est tout ce qui reste, qui soit techniquement au point. Les autres je les connais pas bien. Après les groupes de RAC
actuels ne me plaisent pas. J’ai jamais aimé le RAC allemand, le RAC français ne m’a jamais passionné … Il y a quelques groupes anglais qui sont bons comme les deux albums que Stigger a fait avec
le chanteur de Brutal Attack. Je les écoute encore, mais Brutal Attack lui même, non. Je ne suis pas passionné.



Tu as fait de nombreux passages télés dans les années 80 , pensais-tu pouvoir y défendre efficacement tes idées et ta vision du mouvement skin
?


Contrairement à ce qu’on pense le fait de passer à la télévision était une révolution et une victoire, c’est la grande victoire du mouvement skin
en France . Alors bien sûr on va dire que c’est mégalomaniaque parce qu’on me voit moi, mais il faut quand même le lendemain matin, prendre le métro avec la foule qui t’as écouté et rarement
admiré ! Donc c’est pas si mégalomaniaque, il faut parfois avoir un peu de couilles. C’était une démarche volontaire parce qu’il fallait prendre d’assaut le seul média qu’on pouvait avoir, c’est
à dire la télévision, par la provocation, par la violence. Ça a été vraiment une démarche tactique voulue. C’est en ça que ça été une vraie victoire parce que nous sommes arrivés à nos
fins.

 

 

 

 

Cette notoriété télévisuelle ne t’as pas apportée que des amis, y compris dans le camp nationaliste, comment tu vis ça, d’être aussi détesté par certains ? Et
comment te l’expliques-tu ?

 

Pour les mêmes raisons, je ne méritais pas ni d’être admiré par les uns ni détesté par les autres mais simplement d’être compris. Mais ça c’est beaucoup plus
difficile. Ceux qui admiraient sont à peu près les mêmes que ceux qui admirent Paris Hilton pour d’autres raisons, c’est pas passionnant … Je suis simplement quelqu’un qui porte la parole, pas
plus, ce qui était admirable c’était l’attitude de tous le monde et je n’étais que la face visible de l’iceberg.

Pour ceux qui me détestaient, il y avait je pense, une part de jalousie en se disant, pourquoi lui et pas nous? Ils ne comprenaient pas que c’était moi parce que ça
c’est fait comme ça et qu’il fallait bien quelqu’un pour le faire, ça a été moi et pas eux … tant pis, il fallait l’admettre . On disait que c’était l’arbre qui cachait la foret, c’est vrai, mais
il fallait le voir en perspective de mouvement pas en perspective personnelle. C’est le problème du mouvement skin, c’est beaucoup trop d’individus pour un mouvement de masse. La grande raison
c’est ça .

Et puis on avait un discours nationaliste révolutionnaire, qui plaisait pas forcément à tout le monde. Certains étaient plus dans la caricature et la provocation,
le national socialisme triomphant, et d’autres étaient plus dans un patriotisme bon teint et eux ça les ennuyait aussi.

 

 

Tu connais biensûr les éternels reproches qui te sont fait à gauche comme à droite, sur ton milieu social, tes origines (par exemple dans ta notice sur Wikipedia).
Je t’ai jamais entendu t’exprimer publiquement sur ces sujets, ni démentir, ni confirmer, pourquoi laisses-tu cet espace à la légende urbaine ?

 

Pour plusieurs raisons. On va prendre la plus flatteuse, qui est que la renommée est un dieu grec qui agit par lui-même. Pour les anciens, les classiques, c’est les
Dieux qui font parler de moi. Si j’interviens, je n’ai plus la même démarche, je colporte mes idées, je fais de la basse propagande et je fais comme ceux qui ont des blogs, des myspace, qui
racontent leur vie a longueur de journée. Je n’ai pas besoin de raconter ma vie, je la vis et on la commente. C’est cette démarche un peu prétentieuse et héroïque, qui explique cela. Ensuite, à
quoi bon discuter sans fin et ergoter? Ceux qui ont envie de marquer ça le marquent, c’est pour dénigrer, attaquer… laisse les faire …

Je crois qu’on m’a donné toutes les origines de la terre et si seulement j’étais français, tout simplement? C’est peut être pour ça que je me bat pour ce pays là …
peut être …

On a dit que ma famille était des grands bourgeois? Je suis issu de Bagnolet, j’ai été filmé devant mon immeuble, avec ma voisine Samira, les immeubles faisaient 18
étages, c’était des tours, il n’y a rien de la grande bourgeoisie. Bagnolet c’est pas vraiment proche du XVIème arrondissement. Ma mère était un fonctionnaire, un fonctionnaire honnête donc un
fonctionnaire pauvre. Comme tout le monde. Pas plus pas moins. Je suis issu de la classe moyenne et j’en suis assez fier, ça m’a permis d’avoir une certaine éducation, d’avoir le temps de lire et
ça m’a permis d’avoir aussi un verbe plus facile, ça a servi nos idées.

Il faut de tout dans un monde, il faut des guerriers, des ouvriers, des intellectuels, des patrons, des ingénieurs, ça s’appelle une nation. Sinon ça s’appelle des
classes politiques et la lutte des classes, c’est pas ce qui prévaut chez moi.

 

 

Quel est pour toi le bilan de l’expérience JNR ?

 

Pour moi, c’est une bonne expérience parce qu’elle reste. On m’en parle souvent, ça m’a d’ailleurs étonné que 15 ans après on me parle encore des JNR. Pour beaucoup
, dans un camp comme dans l’autre, c’est une référence. Donc ça prouve que notre image, notre stratégie notre représentation était bonne .

 

Je pense que pour la France on a été un des groupes les plus structurés. D’ailleurs tout le monde le reconnaît. Idéologiquement on a été les premiers à avoir une
idéologie spécifiquement skin. Pas inspirée du national socialisme ou de telle ou telle obédience, on a essayé d’avoir notre propre idéologie, de sortir des sentiers battus. On a sorti un
dictionnaire idéologique, un programme politique, on s’est même présenté en tant que JNR aux élections, tant en tant que Front National ou quoi que ce soit mais nous mêmes. Et tout ça c’est une
réussite.

 

Pourquoi les JNR sont ils restés un gang essentiellement parisien ?

 

A l’époque il y avait trois types de skins.

Le skin parisien, les skins de banlieue et les skins de province, et ils étaient souvent opposés les uns aux autres. Je me souviens que le skin de banlieue était
souvent en friction avec nous, Légion 88 en a subit les foudres. Et même en Province on n’était pas compris. Nous on avait une conception plus de rue, eux à l’époque avaient par chance, moins de
problèmes au quotidien, donc ils nous prenaient plus pour des voyous que des combattants nationalistes. Ils se sont aperçus avec le temps que la rue et la vie c’était un domaine de survie, pas
simplement d’idéal. On ne vit pas dans un monde éthéré, le monde réel à ses contraintes. Je crois que c’était vraiment ça la différence.

 

 

 

Tu as vu le blog de Kim et le DVD sur les chasseurs de skins ? Est ce que ça te semble conforme à tes souvenirs de l’époque ?

 

Pour être honnête j’ai survolé le blog de Kim, parce que il à une perception de l’orthographe qui m’est totalement étrangère. J’ai un mal fou à lire une ligne ; on
est plus proche du concept ésotérique que du français. Sinon on me l’a traduit … je pense que c’est de l’humour, parce quand on lit, enfin non car là il faut décrypter, mais une fois qu’on t’a
traduit, t’as envie de rire ! Je trouve ça un peu de la légende pour enfants entre cinq et sept ans, ceux qui ne savent pas encore vraiment lire et qui ont un imaginaire, où ils ne font pas la
différence entre la réalité et l’imaginaire. Cette période heureuse où l’on ne sait pas si l’on a rêvé, ou si l’on a vécu les événements. Alors, il a fait du Kung Fu dans un monastère shaolin,
ben voyons, ben oui avec Kwai Chang Caine ! Avec Carradine, sûrement ! C’est l’époque, il a du voir le feuilleton, ça l’a marqué et il a pas fait vraiment la grande différence. Il s’est pris pour
« petit scarabée » … A mon avis c’est ça, bon c’est amusant.

Je me souviens simplement, l’avoir croisé une fois et réellement l’avoir giflé. Il n’y a rien d’exceptionnel, pas de dragons volants, pas de pose du pélican gazeux,
non rien de tout ça, c’était plus trivial.

 

Il avait quel âge à l’époque ?

 

Oh, il est moins âgé que moi, il devait avoir 19 ans quand je l’ai giflé. Mais je l’ai connu il y a très longtemps, quand il était skin, à Troisième Voie avec nous,
à la Jeune Garde. C’est là ou il a découvert, contrairement à ce qu’il dit dans son DVD, humoristique, les Paraboots et les bombers, parce qu’il était skin, skin de Ségur, qu’il se
souvienne.

 

Donc à l’époque il était nationaliste ?

 

Ah oui ! A Troisième Voie ! Il s’est fait jeter parce qu’il n’assurait pas, ça lui à permis d’être Ducky Boy, de se faire jeter parce qu’il n’assurait pas, donc de
devenir Red Warrior …c’est pour ça qu’il a fait une somme de bandes. Un homme convenable ne fait pas toutes les bandes, il fait une bande.

 

Continuons avec la fin des années 80, ton rival Julien Terzic, ….

 

Mais arrêtons ça tout de suite, ce n’était pas un rival je l’ai pas connu ! Les Red Warriors ont été dissous un temps. On en entendait plus parler du tout, et on a
commencé à en entendre parler quand on à arrêté. Ce n’était pas une bande dont on entendait parler, ce n’est pas vrai. J’en ai entendu parler à la fin des années 80, vers 88-89, j’ai explosé
personnellement Jeff, Nano… qu’est ce qu’il y encore comme mecs dans sa bande ? Pff … c’est des nazes. Eux si ont reprend l’idée, si on tape sur internet, c’est eux qui parlent d’eux mêmes, on
est loin de la renommée initiale. Leur DVD c’est eux qui parlent d’eux mêmes, c’est facile…Moi ce sont les rapports de police, les journalistes, ceux qui ont témoigné contre moi, les victimes,
qui parlent de moi. Eux, c’est eux mêmes.

Alors ils nous ont promis que pour rentrer dans la bande il fallait couper des oreilles, couper des doigts, bon c’est amusant. On y croit toujours quand on a cinq /
sept ans, mais j’invite tous les skins et ceux qui en connaissent à regarder dans la rue le nombre de skins à qui il manque des oreilles …alors ou ils n’en ont pas chassé beaucoup, ou ils ont
rêvé beaucoup, mais l’un dans l’autre, tout le monde à ses oreilles et tout le monde à ses doigts ! Ha ha ha ! C’est ridicule …

 

Que penses-tu des affrontements qui continuent d’opposer les jeunes natios et redskins au nom de leurs mythologies respectives ?

 

Écoute, franchement, c’est toujours mieux que si il se droguait, vaut mieux qu’ils se battent, ça les occupe. De toute manière quand tu as dix huit ans, tu ne peux
pas faire autre chose que d’apprendre la vie, tu l’apprends aussi comme ça.

 

Mais il est évident que moi si on me demande un avis sur les Redskins, je crois qu’ils représentent, une trentaine de personnes sur la région Ile de France, c’est à
dire sur 10 millions d’habitants, bon les proportions répondent d’elle même, ça ne représente rien, c’est un épiphénomène.

 

D’ailleurs, j’ai un local, la porte est ouverte … pfff …c’est ridicule tout ça, c’est rien, c’est des bandes de gamins …

 

Vraiment, les Redskins, pour tout dire, c’est deux adultes, avec quinze, dix sept, gamins. On les voit dans la rue, c’est plus proche du détournement de mineur que
de la bande armée. On se demande si ces deux adultes de quarante ans, avec ces jeunes ados pré pubères, roses, bien rasés, la fesse dodue, ne sont pas pédophiles ! Ha ha ha ! Qu’est ce qui les
intéresse vraiment dans ces jeunes ? Moi à leur place j’aurais honte, je sortirais dans des endroits spécialisés, mais pas dans la rue ! Ils pourraient se faire attraper par la police ou par des
parents mécontents ! Faut faire gaffe, actuellement on ne rigole pas avec ça, on peut aller les chercher jusqu’en Thaïlande, j’ai vu il y a un anglais, il a pris ! Qu’ils fassent gaffe… enfin moi
je dis ça pour eux …

 

 

 

On va quitter les skinheads , après tu as fréquenté le milieu motard 1%, et traîné tes guêtres sur la planète, c’est un peu le flou artistique cette période de ta
vie, souhaites tu en dévoiler un coin ?

 

C’est simple pour moi, au bout d’un moment, le mouvement skin, ça n’avançait pas, ça stagnait. J’ai fait l’analyse que ce qui me plaisait le plus dans tout ça,
c’est la liberté. Et je trouvais que la liberté ne progressait pas beaucoup dans nos idéaux, l’esprit de liberté bien sur. Le pouvoir de dire non, d’affirmer, de provoquer, c’est une liberté.
C’est d’ailleurs une des qualités principale du mouvement skin, contrairement à ce qu’on croit, c’est ce coté presque libertaire dans le sens littéral du mot, qui est très mal compris. Au bout
d’un moment je ne le sentais plus, alors je suis allé vers un mouvement qui me semblait un mouvement de liberté, le mouvement motard, voilà.

Après je suis parti à l’étranger, je suis allé au Salvador, j’ai monté un casino. Puis j’ai vécu au japon où je travaillais pour une galerie d’art, j’ai fait pas
mal de choses… j’ai vécu bien sûr en Russie, en Lituanie, où je faisais de l’import-export de vêtements. Entre temps j’ai été directeur de boîte de nuit, j’ai tenu un bar, etc etc .. J’ai vécu

 

 

Ce n’est pas un secret, tu as connu la prison, comment as tu vécu ça ?

 

C’est vrai que quand on parle de liberté la prison peut paraître antinomique ! Mais quand on cherche vraiment la liberté, le système t’envoie parfois en prison,
pour bien te faire comprendre que la liberté c’est déjà de marcher dans la rue.

Paradoxalement, ça a été une très bonne expérience. Ça m’a permis pendant les 9 mois où j’y ai été, de réfléchir, de prendre du recul, de m’analyser, et de repartir
d’un bon pied, de ne pas m’enferrer dans ce que je pensais être bon. Ça m’a permis d’avoir d’autres perspectives etc..

Donc pour certains la prison ça a du bon, en tout cas pour moi

 

C’est la prison rédemptrice alors ?

 

Exactement, ça m’a fait du bien.

 

Tu as eu envie de refaire ta vie ailleurs, vierge de toute image, mais finalement tu es revenu en France pourquoi ?

 

Par sentiment filial. Ma mère est âgée, elle m’a beaucoup aidé dans mon enfance, elle m’a éduqué, et supporté dans ma jeunesse, malgré tout, donc c’est à moi de
revenir à elle maintenant. C’est à la fois un devoir et un plaisir. C’est essentiellement pour ça que je suis revenu en France, ma mère ayant 78 ans, c’est très égoïstement pour pouvoir profiter
d’elle.

 

Ne crois tu pas que tu es prisonnier dans l’imaginaire collectif de l’image de Batskin ? Est ce un frein ou une force dans tes projets ?

 

Je serais très asiatique sur ce coup là, il y a des freins dans chaque force et vice versa. Dans le mal il y a du bien, dans le bien il y a du mal, c’est jamais
net.

Ils évident que pour beaucoup je reste, une espèce de brute skin, ça peut être un frein, mais aussi les gens me connaissent, c’est une force, certains m’apprécient,
d’autres moins, mais au moins j’existe. Et ce « Batskin » c’est moi, donc je ne vois pas en quoi moi même je serais un frein pour moi même. C’est moi et je l’assume entièrement. Même si ça peut
paraître parfois réducteur.

 

Parlons un peu du présent, tu étais revenu sur la scène parisienne en ouvrant un bar rock’n’roll « le garage » à Oberkampf que tu as finalement fermé pour ouvrir un
local associatif nationaliste, pourquoi ce retour à la politique ? Et pourquoi persister avec cet engagement dans le camp nationaliste ?

 

D’abord pourquoi je reste dans le camp nationaliste, parce que c’est une évidence, ce n’est pas parce que j’ai arrêté de militer que j’ai renié mes idées.
D’ailleurs à tout moment quand on me demandait mes idées à travers le monde, si on me le demandait d’ailleurs, je répondais que je n’avais pas changé d’un millimètre. Je n’ai jamais renié ce que
j’étais, j’ai évolué comme tout le monde, il n’y a que les cons qui ne changent pas, mais cette évolution est toujours basée sur les mêmes principes, j’ai approfondis mes principes, je ne les ais
pas balayés.

Ça c’est la première des choses. Ensuite, je suis revenu dix quinze ans après pour ouvrir un bar rock’n’roll, pensant qu’on m’avait oublié, et ces abrutis de
gauchistes, n’ont rien trouvé de mieux que faire une campagne de presse contre moi et mon bar, et là ils ont commis une erreur. Car si certains ont peur et baissent d’un ton, moi je me suis dit «
eh bien quitte à m’emmerder mon ami, tu vas m’emmerder à raison ! ».

Ça a été la première raison, si tu me dis qu’il y a un bar fasciste, oui et alors ? Si tu veux définir le thème ainsi, tant pis pour toi.

La deuxième raison, c’est que comme c’est devenu un bar rock’n’roll fasciste pour eux, mes anciens amis sont revenus, apprenant grâce à ça que je revenais ! Donc je
les en remercie, ça m’a fait doubler ou tripler ma clientèle !

Au bout d’un moment on m’a fait un certain nombre de propositions, qui m’ont intéressés, correspondant à mon évolution politique et philosophique, alors j’ai
embrayé, j’ai arrêté « le garage », et j’ai ouvert « le local » en gardant la même clientèle, j’en remercie toujours les gauchistes !

 

 

 

De toute façon, il y a toujours eu bonne fraction de skins d’origine étrangère chez les natios …

 

Bien sûr, je parlais dernièrement avec un ami qui était Headhunter, qui me disait qu’ils avaient un skin (entre autres) parmi eux, une fois ils ont entendu son nom
parce qu’il était appelé, et c’était un nom pakistanais. Le gars lui demande « ben t’es pakistanais ? Pourquoi tu nous l’a jamais dit » et le skin répond « oui je suis pakistanais, mais tu l’as
jamais demandé » ! Et le skin était couvert de tattoos provocateurs, ils se sont marrés et ça n’a rien changé.

Ce même skin pakistanais nationaliste, avait donné dernièrement à un journaliste la photo d’un copain à lui, totalement noir, portant un T-shirt blanc, avec marqué
dessus en noir « White Power », et le bras tendu. Il a tenté d’expliquer à cette journaliste, qui n’a pas voulu pas le croire, que c’était ça le 2 Tone …

Tous les skins, quelle que soit leur origine, étaient natios en 80, et l’étaient avec conviction et provocation, et il y en a toujours eu, on ne peut pas nier les
évidences. Je suis un pragmatique un réaliste, je ne conteste pas leur volonté de se battre avec nous, leur foi, et je ne vois pas pourquoi je cracherais sur un homme qui est volontaire et qui y
crois.

 

Pour en revenir à Soral vous avez fini par reprendre chacun votre indépendance, pourquoi ?

 

Pour la même raison, c’est que lui c’est son unique idée, et je ne pense pas qu’on puisse développer un programme basée sur l’unique idée que le nationalisme se
ressourcera par l’immigration. On peut avoir un pourcentage d’assimilation, oui, mais on ne fait pas un programme sur un pourcentage d’un pourcentage. Parce que l’immigration c’est un pourcentage
de la France, et l’immigré qui se sent français, prêt à se battre pour la France, c’est encore un faible pourcentage de cette immigration. Qu’on l’accepte, oui, mais ce n’est pas le thème
principal. Je pense que c’est l’erreur d’Égalité et Réconciliation, c’est de tout axer là dessus. Ils ont raison, mais ce n’est pas que ça, c’est beaucoup plus complexe.

Et en plus pour beaucoup de natios il n’est pas évident d’inviter à table aujourd’hui ceux qu’ils combattaient hier.

 

Tu n’es pas sans savoir que le nouveau maire de Rome, élu sous l’étiquette Alliance Nationale, à longtemps été un militant fasciste, condamné 17 fois pour coups et
blessures, il continue d’arborer une croix celtique autour du cou au quotidien, qu’est ce que ça t’inspire un parcours comme ça ?

 

J’étais à Rome au moment de la campagne électorale, j’ai vu des affiches avec la croix celtique sur fond blanc d’un drapeau, que les rouges avaient collé pour
essayer d’enrayer la marée noire, ça m’a fait beaucoup rire, et je me dis simplement que l’Italie est une terre de liberté. Je ne vois pas pourquoi on devait accepter des gens qui ont tué 100
millions de personnes parce qu’ils sont communistes, qui sont d’une intolérance maximum et pas accepter les autres en disant que eux sont la bête immonde. Il n’y a pas de bête immonde, il y a des
gens qui ont des programmes, on vote pour ou contre, c’est tout. En cela les pays nordiques sont beaucoup plus démocratiques, et l’Italie démontre au monde que mêmes les latins peuvent être
démocrates. En fin de compte il n’y a qu’un pays d’intolérance, c’est notre cher pays. Je ne suis pas pour interdire, le parti communiste, je suis pour qu’on n’interdise rien, je suis pour la
liberté d’expression.

 

 

On revient vers ta démarche libertaire …

 

Voilà, exactement, ce n’est pas moi qui interdirais les trotskistes ou les anarchistes si j’étais au pouvoir, je n’interdirais rien, je laisse à tout le monde le
droit de s’exprimer et c’est à l’homme libre de choisir. C’est tout

 

On va avoir fait le tour, y a t’il une question que tu aurais aimé que je te pose ?

 

Eh bien peut être, quel est le but de ce local ?

 

Allons y …

 

Ce local est fait pour être un point de fixation, un lieu de rencontres, de discussions libres, autour de toutes les tendances qui aiment notre pays. C’est donc
encore un espace de liberté, œcuménique, parce qu’a l’heure actuelle dire qu’on aime son pays, c’est déjà dangereux. J’espère que les gens pourront enfin s’y réunir, discuter, se comprendre et
converger vers des points ensemble.

Voilà, je te remercie d’avoir pris le temps de me rencontrer.

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La manip est complète quand le
jusqu’au boutiste de la com’ répond au doc Antifa, chasseurs de skins 

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