Une peine infinie – Histoire d’un condamné à mort


Documentaire réalisé par David André

Une nuit de février 1999, Sean Sellers est exécuté par injection au pénitencier de Mc Alester, dans l’Oklahoma. Il avait été condamné à mort treize ans plus tôt pour un triple meurtre — il a tué sa mère, son beau-père, et un gérant de supermarché. La sentence est terrible : il n’a que 16 ans à l’époque des faits, mais il est jugé comme un adulte. Il est même le plus jeune condamné à mort des cinquante dernières années aux États-Unis. David André, le réalisateur d’Une peine infinie, a rencontré Sellers quelques semaines avant sa mort en 1999. Dix ans plus tard, il a voulu revenir sur son histoire. Avec une seule certitude, qu’il énonce en introduction : « La peine de mort agit comme un poison sur tous ceux qui y participent. »

David André a enquêté pour retrouver toutes les personnes liées à l’exécution de Sean Sellers. Parents, amis, victimes, matons, pasteur, avocat, procureur. Le réalisateur rencontre chaque chaînon d’un système qui va du prononcé de la condamnation jusqu’à l’injection mortelle. Tous, d’une façon ou d’une autre, qu’elle qu’ait été leur rôle dans l’exécution, ressentent une part de culpabilité dans la mort du jeune homme. L’avocat raconte tous ses clients exécutés. Les gardiens de prison, eux, décrivent la sidération des condamnés le jour de leur mort. Le réalisateur ne cherche jamais à excuser les crimes de Sean Sellers. Sa culpabilité est avérée, là n’est pas la question. Mais au contraire, en partant du cas d’un coupable, son argumentaire n’en est que plus magistral. Peut-on justifier de tuer quelqu’un au nom de la justice, même si la culpabilité est prouvée ? L’effet dissuasif de la peine capitale n’a jamais été prouvé. Où se situe le désir de vengeance ?

Depuis les coursives grises du pénitencier jusqu’à la paisible campagne de cet Etat au cœur des États-Unis, Une peine infinie livre une réflexion incarnée et troublante sur la peine de mort, les dégâts qu’elle cause et la part qu’elle occupe dans la culture américaine. Le documentaire montre comment cette peine engendre d’autres peines, infinies. Sans chercher à être militant abolitionniste de la peine capitale, il n’occulte rien de son absurdité.

Source : Le Ciel et La Terre

Publicités